Publié le 10 février 2026 23:40:00. En pleine campagne électorale en Hongrie, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a annoncé son intention de poursuivre en justice un site d’information et le chef de l’opposition, suite à la publication d’un rapport d’enquête révélant des risques sanitaires potentiels dans une usine de batteries Samsung.
- Le site Telex a publié un rapport d’enquête accusant le gouvernement hongrois d’avoir permis à l’usine Samsung de Göd d’exposer ses employés et les riverains à des substances potentiellement cancérigènes.
- Péter Szijjártó a qualifié ce rapport de « tsunami de mensonges » et a annoncé des poursuites judiciaires, sans préciser les éléments contestés.
- Parallèlement, des allégations de tentatives de compromission visant un membre du parti d’opposition TISZA ont émergé, impliquant un site web énigmatique.
L’annonce de ces poursuites intervient alors que la Hongrie se prépare aux élections législatives du 12 avril, où le parti Fidesz du Premier ministre Viktor Orbán pourrait être défié par le parti TISZA de Péter Magyar, selon les derniers sondages. Orbán est au pouvoir depuis 1998, avec une interruption entre 2002 et 2010.
Selon le rapport de Telex, des dépassements significatifs des valeurs limites de substances toxiques ont été constatés dans l’usine de batteries Samsung située à Göd, près de Budapest. Un rapport des services de renseignement intérieurs hongrois, datant du printemps 2023, aurait révélé que Samsung aurait pu dissimuler l’ampleur réelle de la situation aux autorités compétentes. Des inspections antérieures avaient déjà mis en évidence des niveaux de substances toxiques dépassant les normes autorisées.
Plusieurs ministres auraient même évoqué, lors d’une réunion gouvernementale, la possibilité de fermer l’usine suite à ce rapport. Cependant, seules des amendes ont finalement été infligées, selon Telex. Cette décision serait due au soutien des cercles gouvernementaux, notamment de Péter Szijjártó, responsable des investissements étrangers en Hongrie. Le gouvernement hongrois a activement encouragé l’implantation d’usines de batteries par des investisseurs internationaux ces dernières années.
Suite à la publication du rapport, Péter Magyar a appelé à la démission immédiate de Péter Szijjártó. Le ministre a réagi en qualifiant le rapport de
« tsunami de mensonges »
Péter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères
et en annonçant des poursuites judiciaires, sans toutefois préciser les allégations qu’il conteste spécifiquement.
Le bureau gouvernemental du comté de Pest a affirmé que l’usine Samsung ne présentait aucun danger pour l’environnement et que son permis environnemental avait été délivré en justice le 3 février. Néanmoins, l’usine aurait continué à produire sans autorisation.
Par ailleurs, le site d’information 444.hu a fait état de l’existence d’un site web « délibérément mystérieux », dont l’adresse internet fait référence à Mark Radnai, un des vice-présidents du parti TISZA. Le site en question présente une image d’un lit et d’une caméra. 444.hu rapporte que Mark Radnai a déclaré avoir été informé à plusieurs reprises ces derniers mois de tentatives visant à le compromettre en diffusant de fausses informations sur sa vie privée.
Radnai a souligné qu’il n’était pas homophobe et qu’il n’avait aucune relation personnelle digne d’intérêt public. Ces révélations interviennent dans un contexte de tensions politiques autour des droits LGBTQ+ en Hongrie, le gouvernement d’Orbán ayant fait de cette question un enjeu central de son discours et adoptant des lois restrictives, notamment concernant le changement de sexe dans les documents officiels.
