Les Blue Jays humilient les Yankees : le Bronx doit réaliser un exploit inédit pour espérer renverser la vapeur
Les deux premières rencontres de la série de division de l’American League (ALDS) ont tourné au cauchemar pour les Yankees de New York. Humiliés par les Blue Jays de Toronto, les hommes du Bronx se retrouvent dos au mur après avoir été surclassés 23 points à 8 et surclassés au chapitre des circuits 8 à 1 en deux matchs. Une situation critique qui pousse le gérant Aaron Boone à croire en un retournement de situation, aussi improbable soit-il.
« Évidemment, on a l’impression que le monde s’écroule autour de soi. Perdre deux matchs comme ça, chez eux, où rien ne tourne rond, » a confié Aaron Boone après le match 2. « Mais si on va là-bas et qu’on gagne (le match 3), l’opinion peut changer. Il s’est passé beaucoup de choses étranges dans le baseball cette année. Ce ne serait pas la plus étrange de nous voir remonter. »
Face à une équipe qui a remporté les deux premières manches à domicile, les statistiques sont implacables : dans un format au meilleur des cinq matchs (2-2-1), les équipes ayant remporté les deux premiers matchs sur leur sol ont historiquement gagné 31 séries sur 34, dont 20 par balayage. La messe semble dite, d’autant que les trois seuls retours en force de ce type dans l’histoire de l’ALDS sont déjà anciens, à l’exception notable des Yankees eux-mêmes en 2017, qui avaient alors renversé un déficit de 0-2 face aux Indians de Cleveland après avoir perdu les deux premiers matchs à l’extérieur. Un précédent qui entretient l’espoir, mais qui souligne la difficulté de la tâche.
Pour éviter une élimination prématurée et devenir la première équipe depuis 2017 à remonter un 0-2 dans une série de Division, les Yankees devront impérativement réunir plusieurs conditions. Quatre points cruciaux émergent pour espérer déjouer les pronostics.
### 1. Un départ exceptionnel de Rodón
Les lanceurs partants des Yankees, Luis Gil et Max Fried, n’ont tenu que 5 manches et deux tiers combinées lors des deux premiers matchs. Leur performance, marquée par neuf points concédés sur quatorze présences sur les bases, ne suffit pas. Si Carlos Rodón subit le même sort lors du match 3, la série sera terminée. L’histoire récente montre que les trois équipes ayant réussi à remonter un 0-2 en série de Division ont toutes bénéficié d’un excellent départ lors du troisième match.
Les exemples sont éloquents : Masahiro Tanaka (Yankees, ALDS 2017) avait lancé 7 manches excellentes, Derek Lowe (Red Sox, ALDS 2003) avait enchaîné 7 manches, et Ramon Martinez (Red Sox, ALDS 1999) avait tenu 5 manches et deux tiers solides. Les Yankees attendent donc que Rodón incarne le nouveau Tanaka et offre une prestation de haute volée mardi soir. Le bullpen de New York a été mis à rude épreuve lors des deux dernières rencontres, et le porteur d’eau, Rodón, doit inverser la tendance. Ses deux apparitions contre les Blue Jays durant la saison régulière, où il avait concédé deux points mérités en cinq manches à chaque fois, devront être améliorées.
« Face aux Blue Jays, ils ne ratent pas beaucoup de balles et ils font beaucoup de contact, » avait déclaré Rodón avant le match 2. « Je sais juste que tout au long de ma carrière, j’ai toujours cherché le retrait sur prise, et c’est comme ça que j’ai lancé. »
### 2. Les frappeurs doivent envoyer la balle hors des limites
Malgré leur statut de meilleure attaque de la ligue en saison régulière avec 274 circuits, les Yankees semblent avoir perdu leur puissance de feu en postseason. Seulement trois home runs ont été réussis en cinq matchs de playoffs, et un seul lors des trois dernières rencontres. Les Blue Jays ont dominé outrageusement ce secteur, avec 8 circuits contre 1 en deux matchs d’ALDS. Un écart abyssal.
L’idée reçue selon laquelle les circuits sont rares contre un bon pitching en séries éliminatoires est erronée. Si le nombre total de points marqués diminue, le taux de réussite des home runs augmente. La saison régulière (4,43 points par match, 1,13 circuit par match) et la postseason (4,00 de moyenne, mais 1,21 circuit par match) le démontrent. En octobre, les balles qui franchissent les limites prennent une importance capitale. Les simples à l’opposé du champ sont appréciables, mais les circuits ouvrent les portes du paradis.
Aaron Judge, malgré une excellente moyenne au bâton (0,444) et 18 présences, n’a frappé que des simples et un double. Giancarlo Stanton (3 sur 20, 0 circuit) et Trent Grisham (34 home runs en saison régulière, 0 en postseason) sont méconnaissables. Même Jazz Chisholm Jr. n’a réussi que des simples. L’équipe qui semblait la plus redoutable à la maison en saison a perdu son identité en octobre. Le réveil de Judge et Stanton, véritables porte-avions de l’attaque, est indispensable pour éviter un départ anticipé.
### 3. Exploiter l’avantage du terrain
Le Rogers Centre de Toronto s’est avéré être un véritable terrain maudit pour les Yankees cette saison. En incluant l’ALDS, l’équipe affiche un bilan désastreux de 1 victoire pour 8 défaites et a été largement dominée au score (75-41). Les Blue Jays ont démontré une force impressionnante à domicile.
Si l’avantage du terrain leur a clairement souri à Toronto, les Yankees doivent désormais transformer le Yankee Stadium en forteresse imprenable pour les matchs 3 et 4. Les statistiques de saison régulière plaident en faveur d’une meilleure performance à domicile pour les deux équipes. Les Blue Jays ont un bilan impressionnant à la maison (54-27, 66,7 %) et un différentiel de points positif (+94), contrastant avec leurs résultats routiers (40-41, 49,4 %). Les Yankees, bien que moins marqués par ce déséquilibre, affichent également de meilleurs chiffres chez eux (50-31, 61,7 %, +85).
Malgré leur bilan négatif à Toronto, les Yankees affichent un plus favorable face aux Blue Jays dans le Bronx (4-2) lors de leurs confrontations en saison régulière. Cependant, gagner deux des trois prochains matchs ne suffirait pas. Il leur faut un nettoyage, trois victoires d’affilée. La saison régulière suggère que les Blue Jays sont vulnérables à l’extérieur. Le Yankee Stadium doit redevenir un atout majeur.
« C’est beaucoup plus bruyant, » a reconnu Rodón interrogé sur l’ambiance au Yankee Stadium en postseason. « L’énergie est beaucoup plus intense. C’est vraiment amusant. C’est un vrai plaisir de pouvoir monter sur le monticule au Yankee Stadium pendant les playoffs. »
### 4. Un peu de chance, s’il vous plaît
Avec le dos au mur, les Yankees ont besoin du moindre coup de pouce. Un appel favorable sur une décision arbitrale serrée, un coup de batte malheureux qui termine sa course en territoire des bonnes balles, une faute défensive adverse dans un moment crucial. La chance peut parfois faire la différence. Mais pour remporter trois matchs consécutifs face à une équipe comme les Blue Jays, il faudra combiner habileté et un brin de fortune. Les dieux du baseball sont priés de leur accorder leur clémence.