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Huile: Risque de marché des tarifs supplémentaires de la Russie

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Énergie : le pari risqué de Trump sur la Russie fait trembler les marchés

Une déclaration du président américain Donald Trump, annonçant une réduction drastique du délai accordé à la Russie pour conclure un accord sur la guerre en Ukraine, a provoqué hier une forte hausse des prix du pétrole. Cette décision, si elle se concrétise, pourrait engendrer des perturbations majeures dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

La pression s’intensifie sur le front énergétique

Le baril de pétrole brut (ICE) a ainsi gagné plus de 2,3 % hier, dépassant la barre des 70 dollars américains le baril. En cause, la volonté de Donald Trump de ramener la fenêtre d’opportunité pour un accord entre la Russie et l’Ukraine de 50 jours à seulement 10 à 12 jours.

Dans l’hypothèse où aucun accord ne serait trouvé dans ce délai, les États-Unis menacent d’imposer des sanctions plus strictes à la Russie, ainsi que des tarifs secondaires de 100 % sur les pays partenaires commerciaux qui continueraient d’importer du pétrole russe. Une telle mesure, si elle était appliquée rigoureusement, changerait radicalement la donne sur le marché pétrolier. Ces dernières années, des pays comme l’Inde, la Chine et la Turquie ont en effet augmenté leurs achats de brut russe, profitant des remises substantielles offertes sur ce marché.

Cependant, ces nations devraient désormais peser le coût des livraisons de brut à prix réduit face à des tarifs prohibitifs sur leurs propres exportations vers les États-Unis. La Chine, par exemple, importe en moyenne 1,99 million de barils par jour de pétrole russe cette année, représentant 17,5 % de ses importations totales de brut. En 2024, les exportations chinoises vers les États-Unis représentaient 14,7 % de leur total, faisant des États-Unis leur principale destination. Cette proportion est tombée à 11,9 % depuis le début de l’année, en raison de l’environnement tarifaire.

L’Inde, qui importe environ 1,75 million de barils par jour de pétrole russe (soit 35 % de ses importations totales), voit 20 % de ses exportations totales se diriger vers les États-Unis pour l’exercice budgétaire 2024-2025. Compte tenu de l’importance de ce marché, des tarifs secondaires dissuaderaient probablement ces deux grands acheteurs de pétrole russe de maintenir ces flux.

La question cruciale demeure : Donald Trump ira-t-il jusqu’au bout avec ces sanctions et tarifs secondaires ? Il est de notoriété publique que l’ancien président souhaite voir les prix du pétrole baisser. Une telle action entraînerait au contraire une flambée des prix, annulant l’excédent de production actuellement prévu sur le marché jusqu’en 2026. La Russie exporte plus de 7 millions de barils par jour de brut et de produits raffinés.

De plus, une imposition de tarifs prohibitifs pourrait entraîner une perturbation généralisée du commerce international. C’est pourquoi il est peu probable que ces tarifs secondaires soient mis en œuvre, du moins pas à un niveau de 100 %.

Cuivre : le Chili cherche à être exempté de tarifs américains

Sur le marché du cuivre (Comex), le ministre des Finances du Chili a annoncé que le pays chercherait à obtenir une exemption pour les tarifs américains envisagés sur ce métal. Des discussions commerciales entre les États-Unis et le Chili ont débuté lundi à Washington.

Les États-Unis dépendent à environ moitié de leurs besoins en cuivre des importations. Le Chili est leur principale source, représentant environ 40 % de ces importations. En théorie, le Chili pourrait même satisfaire l’intégralité de la demande américaine en cuivre raffiné.

Le marché du cuivre attend plus de précisions sur les tarifs prévus, qui devraient entrer en vigueur le 1er août. Les opérateurs ont déjà expédié des volumes record de cuivre vers les États-Unis pour anticiper ces taxes. Cela a créé un écart sans précédent entre les prix américains du cuivre et les prix de référence du London Metal Exchange (LME). Les prix aux États-Unis ont augmenté d’environ 40 % cette année, mais ne reflètent pas encore pleinement un tarif de 50 %. La prime actuelle s’élève à environ 25 %. Une fois que le surplus de stocks actuel sera épuisé, il est probable que les prix augmentent pour intégrer le prélèvement de 50 %.

Agriculture : les prix des céréales en baisse grâce à des perspectives d’approvisionnement améliorées

Les prix du maïs et du soja (CBOT) ont connu une baisse hier, anticipant une augmentation des exportations argentines suite à la décision du gouvernement de réduire les droits de douane sur ces cultures. Durant le week-end, le président argentin a annoncé une baisse des tarifs agricoles afin de soutenir les agriculteurs et de promouvoir le libre-échange.

Les droits de douane sur le soja passeront de 33 % à 26 %, tandis que ceux sur le maïs seront ramenés de 12 % à 9,5 %. Les perspectives de récolte semblent par ailleurs favorables dans plusieurs régions agricoles clés. De plus, un dollar américain plus fort hier a exercé une pression supplémentaire sur les prix.

Le dernier rapport de l’USDA (Département de l’Agriculture des États-Unis) indique que 73 % de la récolte de maïs américaine est en bon état au 27 juillet. Ce chiffre est légèrement inférieur aux 74 % enregistrés une semaine plus tôt, mais supérieur aux 68 % observés à la même période l’an dernier. En revanche, l’agence a évalué 70 % de la récolte de soja comme étant bonne à excellente, contre 68 % une semaine auparavant et 67 % à la même période l’an dernier. Enfin, 80 % de la récolte de blé d’hiver a été récoltée, un léger recul par rapport aux 81 % récoltés à ce stade l’année dernière et à la moyenne quinquennale de 81 %.

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