Publié le 17 février 2026 à 15h25. L’essor de l’intelligence artificielle générative soulève des questions juridiques inédites, notamment en matière de droit à l’image, après le lancement d’une fonctionnalité controversée par la société ByteDance.
- La plateforme Seedance 2.0 de ByteDance permet de créer des images d’acteurs et de célébrités hollywoodiennes à des fins commerciales.
- Cette pratique a suscité une vive réaction de l’industrie cinématographique américaine, craignant des violations des droits d’auteur et du droit à l’image.
- La controverse met en lumière la nécessité d’une adaptation du cadre juridique face aux avancées rapides de l’IA.
L’intelligence artificielle (IA) est désormais bien plus qu’une simple innovation technologique : elle est au cœur des débats de société. Récemment, la plateforme Seedance 2.0, développée par la société ByteDance, a mis le feu aux poudres. Cette technologie permet de générer des images de célébrités hollywoodiennes, utilisables comme des illustrations ou des éléments graphiques.
Grâce à Seedance 2.0, les utilisateurs peuvent créer en quelques clics des visages et des images d’acteurs ou de personnalités célèbres et les intégrer à divers contenus. Cependant, cette facilité d’utilisation a provoqué une forte opposition de la part de l’industrie cinématographique américaine, qui s’inquiète des implications en matière de droits de portrait et de propriété intellectuelle.
La controverse soulève des questions fondamentales sur la manière dont l’IA peut potentiellement porter atteinte aux droits individuels. Les progrès rapides de cette technologie posent constamment de nouveaux défis juridiques et éthiques. Le cas de Seedance 2.0 illustre la complexité des enjeux liés à l’IA et à la publicité. Les images générées par l’IA ouvrent de nouvelles perspectives créatives, mais l’exploitation commerciale de ces créations et les questions de droits d’auteur deviennent de plus en plus délicates, non seulement à Hollywood, mais dans le monde entier.
Alors que l’IA dépasse le simple rôle d’outil pour devenir un véritable collaborateur créatif, les discussions sur la manière de réglementer cette créativité dans le cadre juridique sont semées d’embûches. Les studios hollywoodiens, la Screen Actors Guild (SAG-AFTRA) et les artistes ont vivement critiqué Seedance 2.0, craignant de perdre le contrôle de leurs images et de leurs créations, et envisageant des poursuites judiciaires pour utilisation non autorisée de leur image par la technologie de l’IA.
La SAG-AFTRA a notamment évoqué un possible conflit avec les lois existantes sur l’utilisation de l’apparence et des images de célébrités, soulignant l’absence de directives claires concernant l’utilisation commerciale des images générées par l’IA. Face à la polémique grandissante, ByteDance a pris des mesures correctives en modifiant certaines fonctionnalités problématiques de création d’images de célébrités ou en ajustant son approche. Cependant, la controverse a déjà servi d’électrochoc pour l’ensemble de l’industrie de l’IA.
Inquiétudes d’Hollywood et de l’industrie nationale du divertissement
Ce problème ne se limite pas aux États-Unis. En Corée du Sud, la protection des droits à l’image des célébrités, notamment des idoles de la K-pop, est une préoccupation majeure. Dans l’industrie du divertissement coréenne, les images des idoles et des acteurs représentent une valeur de marque et un atout essentiel. Les dommages potentiels causés par la création et l’utilisation non autorisées de leurs images ou de leurs voix par la technologie de l’IA pourraient être considérables. En réalité, les cas de vol d’images de célébrités utilisant la technologie deepfake se multiplient en Corée, ce qui pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans les discussions juridiques nationales.
En réponse à cette controverse, de nombreux experts soulignent la nécessité d’établir des directives juridiques claires pour l’utilisation commerciale des contenus basés sur l’IA. Dans le contexte de l’industrie du divertissement coréenne, il est impératif de renforcer les protections des droits de portrait et des droits de propriété intellectuelle pour anticiper ces évolutions technologiques. En particulier, l’influence croissante de la K-pop à l’échelle mondiale augmente le risque que les images de ses idoles soient créées et utilisées de manière non autorisée à l’étranger par l’IA.
Le cas de ByteDance soulève des questions urgentes sur la manière d’harmoniser les progrès rapides de la technologie de l’IA avec le cadre juridique existant. Si une image générée par l’IA génère des bénéfices commerciaux en tant que symbole d’une personne ou d’une marque, un consensus social est nécessaire sur la question de la responsabilité et de la répartition des profits. Il n’existe pas encore de norme claire pour déterminer la relation entre l’auteur original ou le sujet de l’image, la célébrité, et le créateur utilisant la technologie de l’IA, ni sur la manière de répartir les bénéfices. Cela implique également que les entreprises d’IA doivent approfondir leur réflexion sur les questions éthiques et juridiques avant de lancer leurs produits.
Plusieurs experts insistent sur la nécessité pour les entreprises de renforcer leurs normes éthiques lors du développement de technologies d’IA et de disposer d’un plan de réponse aux problèmes potentiels. En particulier, lors de l’utilisation d’images de célébrités, il est essentiel de clarifier le processus de consentement éclairé et de mettre en place un système d’indemnisation.
La nécessité d’une protection juridique et d’un consensus social
Selon les analyses du marché, les progrès rapides de la technologie de l’IA ont des impacts considérables dans divers secteurs. La manière dont l’écosystème industriel peut s’adapter et répondre aux changements technologiques est désormais un sujet de discussion majeur. La Corée du Sud, connue pour être une société favorable à la technologie, montre une tendance à adopter rapidement et activement les changements induits par l’IA. Cependant, les répercussions sociales et économiques de ces innovations technologiques sont plus vastes et plus profondes que prévu, nécessitant une analyse minutieuse et des mesures correctives.
Le cas de Seedance 2.0 de ByteDance est un exemple frappant du conflit entre l’utilisation éthique du contenu généré par l’IA et la protection de la propriété intellectuelle, laissant une leçon importante : les entreprises technologiques ne doivent pas négliger leurs responsabilités juridiques et éthiques dans leur quête d’innovation.
Pour assurer un développement durable de l’industrie de l’IA, un consensus social et des arrangements institutionnels doivent être établis en parallèle des avancées technologiques.
Par Kim Do-hyeon
Source : Article original sur Arstechnica