Publié le 12 février 2026 18:15:00. La gouverneure de la Banque centrale norvégienne, Ida Wolden Bache, a mis en garde contre une incertitude économique accrue, soulignant que la situation pourrait aussi bien s’améliorer que se détériorer, alors que l’inflation montre des signes de reprise et que l’intelligence artificielle représente un facteur de risque majeur.
- L’inflation en Norvège a surpris la Banque centrale en remontant plus rapidement que prévu.
- L’intelligence artificielle est présentée comme une source potentielle de bouleversements économiques majeurs, avec des conséquences positives ou négatives considérables.
- La Banque centrale défend l’importance de conserver l’argent liquide, malgré les appels à limiter son utilisation pour lutter contre la criminalité.
La Banque centrale norvégienne (Norges Bank) se trouve à un carrefour, confrontée à des vents économiques contradictoires. Deux jours avant son discours annuel, les chiffres publiés par l’Office central de la statistique (SSB) ont révélé une accélération inattendue de l’inflation, remettant en question les efforts déployés ces dernières années pour maîtriser la hausse des prix. Ida Wolden Bache a résumé cette situation avec une formule frappante :
« Cela pourrait aller en enfer. Et ça peut très bien se passer. »
Ida Wolden Bache, gouverneure de la Banque centrale norvégienne
La gouverneure a souligné que cette incertitude s’applique particulièrement à l’impact de l’intelligence artificielle (IA), une technologie qui pourrait transformer radicalement le monde économique. Si l’IA offre des opportunités considérables, notamment pour résoudre des problèmes climatiques, guérir des maladies et développer de nouvelles sources d’énergie, elle présente également des risques importants, tels que des cyberattaques plus sophistiquées et la diffusion de fausses informations.
La Banque centrale dispose d’un seul outil pour contrôler l’inflation : le taux d’intérêt directeur. Jusqu’à présent, les mesures prises ont eu un effet positif, mais lent. Les derniers chiffres montrent cependant un revirement de situation, avec une accélération de l’inflation qui a pris de court les experts.
« Nous avons été surpris dans la mesure où ce chiffre était supérieur à ce que nous avions prévu », a déclaré Ida Wolden Bache à Nettavisen. Elle a précisé que la Banque centrale prendra en compte ces nouvelles données lors de sa prochaine réunion en mars, avant de prendre une décision concernant les taux d’intérêt. Elle a toutefois insisté sur le fait que son discours ne doit pas être interprété comme un signal de changement de politique monétaire.
Les négociations salariales à venir sont également un sujet de préoccupation pour la Banque centrale. Des accords salariaux trop généreux pourraient alimenter l’inflation, comme ce fut le cas par le passé. La gouverneure a souligné que la responsabilité des négociations salariales incombe aux partenaires sociaux, mais que la Banque centrale tiendra compte de leurs résultats dans ses décisions.
L’IA a déjà eu un impact significatif sur les marchés financiers, notamment en faisant grimper les cours des actions des entreprises technologiques. Ces entreprises représentent désormais une part importante des investissements du fonds souverain norvégien. La Banque centrale est consciente des risques liés à cette concentration, notamment la possibilité de fortes baisses de valeur.
Ida Wolden Bache a également défendu l’importance de conserver l’argent liquide, malgré les appels à limiter son utilisation pour lutter contre la criminalité. Elle a souligné que l’argent liquide est un moyen de paiement accessible à tous et qu’il constitue une garantie de sécurité pour le système monétaire.
« Le cash n’a pas seulement une valeur sentimentale. Ils contribuent à la préparation et constituent le seul argent auquel tout le monde en Norvège a accès. »
Ida Wolden Bache, gouverneure de la Banque centrale norvégienne
Enfin, la gouverneure a insisté sur la nécessité d’une gestion responsable du fonds souverain norvégien, en soulignant que les décisions qui ont le plus d’impact sur son rendement et son risque sont prises par les autorités politiques.