Home Divertissement Il y avait une meilleure série dans « The Ed Gein Story »

Il y avait une meilleure série dans « The Ed Gein Story »

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Publié le 14 octobre 2025 à 15:37. La nouvelle série Ed Gein, troisième volet de la franchise Monstre de Ryan Murphy, peine à convaincre, diluant son potentiel narratif dans une approche qui manque de la tension et de la profondeur de ses prédécesseurs.

  • La série explore le parcours d’Ed Gein, tueur en série américain des années 1950, connu pour profaner des tombes et fabriquer des objets à partir de restes humains.
  • Contrairement à Dahmer, elle tente une approche plus empathique, cherchant à comprendre les origines du mal et la relation entre horreur et art.
  • Cependant, la narration s’essouffle dans sa seconde moitié, privilégiant des éléments fictifs et un épilogue jugé décousu et peu subtil.

Chaque nouvelle production signée Ryan Murphy suscite une attente mêlée d’appréhension. Ces œuvres, portant l’empreinte distinctive de leur créateur, qu’il soit scénariste, réalisateur ou simplement producteur, ne laissent jamais le public indifférent. Des succès comme Nip/Tuck, Glee, American Horror Story et L’assassinat de Gianni Versace en témoignent. La première minisérie de la franchise Monstre, consacrée à Jeffrey Dahmer, avait marqué les esprits par sa capacité à installer une tension palpable dès les premières minutes, pour ensuite dresser un portrait complexe et socialement pertinent du mal.

L’histoire d’Ed Gein, troisième opus de cette anthologie dédiée aux figures criminelles, ne rencontre pas le même succès. La série se propose de raconter l’histoire d’Ed Gein, surnommé le « boucher de Plainfield ». Découvert en 1957, cet homme avait pour passe-temps macabre la profanation de tombes et la fabrication d’objets à partir de dépouilles humaines. Il est également soupçonné du meurtre d’au moins deux femmes, voire de sept autres. La série esquisse le portrait d’un individu façonné par une mère autoritaire et fondamentaliste, une figure qui a marqué la société américaine et inspiré des œuvres cinématographiques majeures telles que Psychose, Massacre à la tronçonneuse et Le Silence des agneaux.

Joey Pollari dans le rôle d'Anthony Perkins et Tom Hollander dans celui d'Alfred Hitchcock.
Joey Pollari interprète Anthony Perkins, tandis que Tom Hollander incarne Alfred Hitchcock.AVEC L’AUTORISATION DE NETFLIX

Dès les premières minutes, la série semble vouloir se démarquer de la tension glaçante de Dahmer. Le scénariste Ian Brennan, collaborateur de longue date de Murphy, opte pour une approche plus introspective. Bien que des scènes dérangeantes soient présentes, comme Ed Gein dansant avec un masque en peau humaine, le portrait développé se veut plus nuancé, explorant les conditions psychologiques et sociales ayant pu mener à ses actes. La première moitié de la saison, composée de huit épisodes, pose ainsi la question de l’interaction entre l’horreur réelle et sa représentation artistique.

Le protagoniste, marqué par une enfance difficile rythmée par un père violent et une mère castratrice, trouve refuge dans des bandes dessinées ultra-violentes se déroulant dans l’Allemagne nazie. C’est dans ce contexte que la série établit un lien avec la figure d’Ilse Koch, épouse du commandant du camp de concentration de Buchenwald, tristement célèbre pour sa cruauté et son utilisation de peaux humaines. Parallèlement, la série évoque la création de Psychose par Alfred Hitchcock, soulignant les parallèles entre Norman Bates, sa relation complexe avec sa mère, et Ed Gein. Une hypothèse est même émise : Hitchcock aurait-il choisi Anthony Perkins pour interpréter Bates en raison de son homosexualité discrète, le considérant, comme Gein, comme un individu marginalisé ?

Malheureusement, l’intrigue perd de son souffle au fil des épisodes. Au lieu de s’appuyer sur la richesse psychologique d’Ed Gein, le scénariste Ian Brennan introduit une relation fictive avec Adeline, une amie d’Ed. Cette décision narrative affaiblit l’exploration de la fascination pour le mal comme source d’inspiration artistique et de la manière dont l’art peut influencer la perception de la monstruosité. Les références à des œuvres comme Massacre à la tronçonneuse ou Le Silence des agneaux paraissent alors moins pertinentes. L’épilogue, qui tente de rassembler de manière décousue plusieurs figures de tueurs en série connus, ressemble davantage à une parodie maladroite de Mindhunter.

En délaissant le lien entre crime et art, la série s’égare dans une vision simpliste de l’héritage criminel. Le portrait d’Ed Gein en grand-père inoffensif et paisible, vu par les infirmières comme un incompris, occulte la gravité de ses actes : profanation de tombes, meurtres, fabrication d’objets à partir de cadavres. Cette incohérence, tant dans le traitement des personnages que dans la gestion d’une histoire réelle, aboutit à une œuvre décevante. À l’image de certaines saisons d’American Horror Story ou du dernier volet de Feud, la promesse de qualité se voit ici déçue.

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