Home Accueil Ils affirment qu’Alexei Navalni est mort empoisonné par une toxine mortelle présente chez les grenouilles sud-américaines | International

Ils affirment qu’Alexei Navalni est mort empoisonné par une toxine mortelle présente chez les grenouilles sud-américaines | International

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Publié le 16 février 2024 à 18h35. Une enquête conjointe de plusieurs pays européens accuse la Russie d’avoir empoisonné Alexeï Navalny, l’opposant russe décédé en prison, avec une toxine extrêmement puissante présente dans les grenouilles venimeuses d’Amérique du Sud.

  • Des analyses ont confirmé la présence d’épibatidine, un poison 200 fois plus puissant que la morphine, dans les échantillons prélevés sur Alexeï Navalny.
  • Le Royaume-Uni, la Suède, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas estiment que la Russie avait les moyens, le motif et l’opportunité de commettre cet empoisonnement.
  • Cette découverte relance les accusations de violations répétées par la Russie de la Convention sur les armes chimiques et biologiques.

Les gouvernements du Royaume-Uni, de la Suède, de la France, de l’Allemagne et des Pays-Bas ont annoncé ce vendredi avoir conclu, sur la base d’analyses toxicologiques, qu’Alexeï Navalny a été empoisonné par l’épibatidine, une toxine extrêmement dangereuse extraite de la peau de certaines grenouilles venimeuses d’Amérique du Sud. Cette conclusion intervient après la mort de l’opposant russe en prison en février 2024, un décès que les autorités russes avaient initialement attribué à des causes naturelles.

Selon les données disponibles, l’épibatidine est une substance particulièrement virulente, estimée à 200 fois plus puissante que la morphine, comme l’ont rapporté plusieurs médias britanniques ce jour. Les symptômes observés chez Navalny avant son décès sont compatibles avec un empoisonnement à cette toxine, ce qui renforce la probabilité d’un acte criminel, soulignent les pays signataires de la déclaration commune.

La déclaration commune met en évidence le fait que la Russie disposait des capacités, des motivations et de l’environnement propice pour administrer ce poison à Navalny alors qu’il était incarcéré en Sibérie. Elle rappelle également le mépris constant de la Russie pour le droit international, notamment en ce qui concerne la Convention sur les armes chimiques.

Ce nouvel épisode intervient après que ces mêmes pays, ainsi que leurs alliés, ont déjà condamné l’utilisation du Novitchok par la Russie pour empoisonner Alexeï Navalny en août 2020. Le Novitchok avait également été utilisé en 2018 à Salisbury, en Angleterre, dans une tentative d’assassinat contre l’ancien espion russe Sergueï Skripal. Dans les deux cas, les enquêteurs estiment que seul l’État russe avait les moyens, les motivations et le manque de respect du droit international pour mener de telles attaques.

Les pays signataires de la déclaration commune insistent sur la nécessité de tenir la Russie responsable de ses violations répétées des conventions internationales relatives aux armes chimiques et biologiques. Ils ont informé le directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) de cette nouvelle violation et expriment leur inquiétude quant au fait que la Russie n’ait pas détruit l’intégralité de son arsenal chimique.

Le Royaume-Uni, la Suède, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas affirment qu’ils utiliseront « tous les instruments politiques » à leur disposition pour continuer à exiger des comptes à la Russie. Les circonstances exactes de l’administration du poison à Navalny restent pour l’instant inconnues, selon les médias britanniques.

La veuve d’Alexeï Navalny, Ioulia Navalnaïa, a présenté ces conclusions lors d’une conférence de presse organisée en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich. La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a affirmé que le Royaume-Uni avait mené une enquête approfondie et déterminée sur les causes du décès de Navalny depuis sa mort.

« Seul le gouvernement russe avait les moyens, les motivations et l’opportunité d’utiliser cette toxine mortelle contre Alexeï Navalny pendant son emprisonnement en Russie. Aujourd’hui, avec sa veuve, le Royaume-Uni met en lumière le complot barbare du Kremlin visant à faire taire sa voix. »

Yvette Cooper, ministre britannique des Affaires étrangères

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