Home Sports Ils créent le premier club de rugby dans une prison du Chili – En Segundos Panama

Ils créent le premier club de rugby dans une prison du Chili – En Segundos Panama

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Publié le 16 février 2026 01:57:00. Dans la prison de Valparaíso au Chili, une équipe de rugby unique est née, offrant aux détenus un exutoire à la violence et un chemin vers la réinsertion sociale, transformant ainsi une activité carcérale en un véritable club sportif reconnu au niveau national.

  • Le Rugby Unión Libertad, première équipe de rugby créée dans une prison chilienne, est officiellement enregistré comme club sportif depuis janvier 2024.
  • Ce sport permet aux détenus de canaliser leur colère et leur frustration, offrant une alternative à la violence omniprésente en milieu carcéral.
  • L’équipe a joué un match historique contre l’équipe nationale chilienne, Los Cóndores, marquant un tournant dans son développement et sa visibilité.

Ce qui a commencé en 2016 comme un simple atelier au sein du centre de traitement des addictions de la prison de Valparaíso est devenu bien plus qu’une activité récréative. Une cinquantaine de détenus ont d’abord été attirés par ce sport, utilisant le ballon ovale comme un moyen de survivre dans un environnement difficile. Aujourd’hui, le Rugby Unión Libertad est un club sportif officiel, fruit de dix ans d’efforts et d’une volonté de changement.

Pour Alex Javier Silva, incarcéré depuis 1999, le rugby a été une véritable bouée de sauvetage. Il témoigne :

« Le rugby m’a libéré, il a guéri mon âme. »

Alex Javier Silva, détenu

Il explique que le sport lui a permis de rompre avec le code de la prison, un environnement où l’on est réduit à un état animal.

« Vous n’avez pas de cœur, vous n’avez pas d’esprit, rien ne vous convient. Vous êtes comme un animal. Il faut donc enfreindre toutes les règles pour être ici. J’ai tout laissé de côté, j’ai abandonné le monde de la prison, dans lequel j’étais déjà impliqué depuis 20 ans, pour le rugby. »

Alex Javier Silva, détenu

L’équipe s’entraîne trois fois par semaine, avec deux séances en salle et des matchs le week-end – un rythme comparable à celui d’une ligue professionnelle. Ces entraînements, animés par deux entraîneurs qui se rendent à la prison, située à environ 120 kilomètres de Santiago, sont un moment précieux de liberté pour les 27 joueurs. C’est sur un terrain sommaire, entouré de tours de surveillance, qu’ils peuvent exprimer leur colère et leur frustration.

Jorge Henríquez, 42 ans, confirme :

« La violence est omniprésente ici. Il y a beaucoup de colère, du coup on explose pour rien et puis (avec le rugby) on commence à réguler ça, on commence à prendre ses distances avec les frictions pour ne pas renaître cette colère, cette rage. »

Jorge Henríquez, détenu

Le projet prend place dans un contexte de surpopulation carcérale. La prison de Valparaíso accueille actuellement 3 351 détenus, alors qu’elle n’est conçue que pour 1 919, ce qui entraîne des conditions d’hygiène, d’alimentation et de santé précaires, ainsi qu’une augmentation de la violence interne.

Leopoldo Cerda, l’entraîneur à l’origine du projet, souligne les difficultés de la pratique du rugby en prison. Au début, les moyens étaient limités, mais le groupe a progressivement gagné l’adhésion des autres détenus et la confiance des agents pénitentiaires. Des bénévoles se sont également joints à l’initiative, permettant d’aménager un terrain et de développer le club.

Velásquez, un ancien détenu libéré il y a sept mois, témoigne de l’impact positif du rugby :

« Le rugby m’a sauvé la vie. Si l’équipe n’avait pas existé au sein de la prison, la société aurait eu un criminel de plus, avec bien plus de possibilités de commettre des crimes et de causer du tort. »

Velásquez, ancien détenu

L’année de sa création, Unión Libertad a participé à son premier tournoi. En 2024, l’équipe a atteint un sommet en affrontant Los Cóndores, l’équipe nationale chilienne qui participera à la Coupe du monde de rugby 2027 en Australie. Ce match, disputé dans la prison Colina 1, au nord de Santiago, a été un moment historique. Alex Silva se souvient :

« C’était une bataille épique. Personne n’a fait ça au Chili. Et nous ici, simples prisonniers, jouons avec eux, devant tous les gens qui nous regardent, nous passons à la télévision. »

Alex Javier Silva, détenu

Suite à ce match, le projet a gagné en ampleur et en visibilité, attirant de nouveaux collaborateurs. Parallèlement, l’équipe est devenue le cœur de la Fondation Libertad, créée en novembre dernier par d’anciens détenus et des professionnels, avec pour mission de favoriser la réinsertion sociale des anciens incarcérés grâce aux valeurs du rugby.

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