Publié le 2025-10-05 13:21:00. Des astronomes ont identifié une planète errante qui bat des records en matière de croissance, accumulant matière cosmique à un rythme effréné. Cette découverte remet en question notre vision des mondes planétaires et ouvre de nouvelles pistes sur la formation des corps célestes.
- Une planète solitaire, nommée CHA 1107-7626, est observée en pleine phase de croissance accélérée.
- Elle absorbe gaz et poussières à une vitesse stupéfiante de 6 milliards de tonnes par seconde.
- Ce phénomène d’accrétion rapide, inédit pour un objet de masse planétaire, pourrait être influencé par une activité magnétique inhabituelle.
Contrairement à l’image d’objets célestes figés, les planètes errantes, ces mondes qui dérivent librement dans l’espace sans orbite stellaire définie, peuvent être des lieux d’une dynamique surprenante. C’est ce que révèle la découverte de CHA 1107-7626, une planète découverte par une équipe dirigée par l’astronome espagnol Víctor Almendros-Abad. Située dans la constellation du Caméléon, à 620 années-lumière de la Terre, cette exoplanète bleue pourrait avoir une masse comprise entre cinq et dix fois celle de Jupiter.
Ce qui rend CHA 1107-7626 particulièrement remarquable, c’est son taux de croissance effréné. L’Observatoire européen austral (ESO) rapporte que la planète engloutit son environnement à un rythme de 6 milliards de tonnes de gaz et de poussière par seconde. Il s’agit, selon l’ESO, « du taux de croissance le plus élevé jamais enregistré pour une planète errante ». Víctor Almendros-Abad, chercheur à l’Observatoire Astronomique de Palerme (Italie), souligne qu’il s’agit du « plus grand épisode d’accrétion jamais inscrit à un objet de masse planétaire ». L’accrétion est le terme scientifique désignant le processus par lequel un corps céleste accroît sa masse.
L’équipe de recherche, qui a utilisé notamment le Very Large Telescope (VLT) de l’ESO pour ses observations, a constaté que cette croissance n’est pas uniforme. Des variations significatives ont été observées, comme en août dernier où la planète a assimilé de la matière huit fois plus rapidement que les mois précédents. Étonnamment, l’activité magnétique semble jouer un rôle dans ce processus d’accrétion, un phénomène auparavant observé uniquement chez les étoiles. « L’idée qu’un objet planétaire puisse se comporter comme une étoile est impressionnante », commente Amelia Bayo, co-auteure de l’étude et également espagnole. « Cela nous invite à nous interroger sur la nature des mondes durant leurs premières phases de développement, au-delà de notre propre système solaire », ajoute-t-elle.