Home Sciences et technologies Ils mettent une IA au défi de concevoir la vie à partir de zéro et le résultat est un spécimen qui défie Darwin.

Ils mettent une IA au défi de concevoir la vie à partir de zéro et le résultat est un spécimen qui défie Darwin.

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Publié le 21 février 2026 09:00:00. Des chercheurs ont réussi à simuler l’évolution d’organismes artificiels, aboutissant à l’émergence spontanée de systèmes visuels complexes, une avancée qui pourrait révolutionner la conception de l’intelligence artificielle et de technologies adaptatives.

  • Une équipe de l’Université de Lund, en collaboration avec le MIT, a créé des créatures numériques capables d’évoluer dans un environnement virtuel.
  • Ces organismes, initialement aveugles, ont développé des structures sensibles à la lumière qui se sont organisées en yeux fonctionnels, sans programmation préalable.
  • Cette recherche démontre que l’évolution artificielle peut reproduire des modèles biologiques réels et ouvre des perspectives pour la création de systèmes technologiques plus robustes et adaptatifs.

L’évolution artificielle a frappé : des chercheurs ont mis au point un système capable de générer des structures complexes à partir de zéro, imitant les processus naturels de sélection et d’adaptation. Une équipe de l’Université de Lund, en Suède, travaillant en étroite collaboration avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT), a créé un environnement virtuel où de simples organismes numériques sont soumis à une pression évolutive. L’objectif ? Observer si ces créatures pouvaient développer des capacités complexes, et notamment un système visuel, sans aucune instruction préalable.

L’étude, publiée dans la revue Science Advances (https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.ady2888), révèle que l’évolution artificielle peut effectivement reproduire des modèles biologiques observés dans la nature. Les chercheurs ont introduit de petits organismes virtuels dans un monde synthétique régi par du code informatique. Ces créatures étaient initialement dépourvues de tout système visuel, véritablement aveugles.

Les scientifiques ont ensuite assigné à ces agents des tâches élémentaires : se déplacer, éviter les obstacles et localiser des ressources. Génération après génération, le système a introduit des variations aléatoires et sélectionné les configurations qui offraient les meilleurs résultats, reproduisant ainsi les principes de la sélection naturelle dans un environnement informatique. Le résultat est stupéfiant : des structures sensibles à la lumière ont émergé, s’organisant progressivement pour former des yeux numériques connectés aux réseaux de traitement internes.

« Nous avons réussi à créer une évolution artificielle qui produit les mêmes résultats que dans la vie réelle. C’est la première fois que l’intelligence artificielle est utilisée pour suivre la manière dont un système visuel complet peut émerger sans indiquer à l’ordinateur comment il doit être formé. »

Dan-Éric Nilsson, biologiste évolutionniste à l’Université de Lund

Le professeur Nilsson souligne également l’aspect le plus surprenant de cette découverte : « Les yeux des ordinateurs se sont développés de la même manière que dans les organismes réels, même si l’environnement que nous avons créé était très simplifié. » Des configurations équivalentes à des photorécepteurs dispersés, des yeux de type caméra et des yeux composés sont apparues au cours des simulations.

Ce projet s’appuie sur des agents d’IA incarnés, des systèmes capables de percevoir et d’interagir avec leur environnement grâce à un corps virtuel. Cette approche permet à la pression sélective d’agir directement sur les fonctions pratiques, et la complexité émerge d’une adaptation continue.

Au-delà de la biologie évolutionniste, cette avancée pourrait avoir des implications considérables dans le domaine de la technologie. Les auteurs estiment que cette méthode peut être appliquée à la conception de systèmes technologiques robustes et adaptatifs. Selon Dan-Eric Nilsson, « Ce n’est que le début. L’intelligence artificielle nous permet d’explorer les futurs évolutionnaires potentiels et de voir quelles solutions nous attendent, bien avant que la nature elle-même n’y arrive. »

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