Publié le 21 février 2026 23h00. L’engouement chinois pour le durian, fruit exotique très prisé en Asie, profite moins à la Malaisie, dont les exportations chutent face à la concurrence et à l’évolution des préférences des consommateurs.
- Les prix du durian malaisien ont atteint leur plus bas niveau depuis dix ans, à environ 0,90 € le kilo (1 dollar la livre).
- La Malaisie peine à s’adapter à la demande chinoise croissante pour des fruits frais, alors qu’elle exporte principalement des produits surgelés.
- L’expansion rapide des plantations de durian ces dernières années a entraîné une surproduction.
Après des années d’investissement dans le marché chinois, les producteurs malaisiens de durian se trouvent confrontés à une situation délicate. Si la demande chinoise pour ce fruit épineux et odorant reste forte, les acheteurs privilégient désormais les produits frais, une offre que la Malaisie a du mal à satisfaire. Selon un article du New York Times, cette évolution a entraîné une baisse spectaculaire des prix, atteignant environ 0,90 € le kilo (1 dollar la livre), soit dix fois moins qu’auparavant.
Ce problème est d’autant plus préoccupant que les arbres fruitiers mettent de cinq à dix ans avant de produire leurs premiers fruits. Les agriculteurs, anticipant une demande soutenue, avaient considérablement augmenté la superficie des plantations de durian entre 2016 et 2024, d’environ 40 %. Cette expansion s’avère aujourd’hui être à l’origine de la surabondance actuelle sur le marché.
La journaliste Zunaira Saieed souligne que ce défi est « inhérent » à la culture du durian, nécessitant une anticipation de la demande sur une longue période. Les exportations de purée et de pâte de durian congelées avaient commencé à se développer en 2017, suivies, deux ans plus tard, de l’autorisation d’exporter des durians entiers congelés.
Face à cette crise, le gouvernement malaisien a commencé à racheter les excédents de production pour limiter les pertes financières des agriculteurs. Les exportateurs s’efforcent également de trouver de nouveaux marchés, bien que de taille plus modeste. La Chine envisage par ailleurs de développer sa propre production de durian, ce qui pourrait accentuer la pression sur les exportations malaisiennes.