Publié le 2025-10-02 06:56:00. Le pilote suisse Fabio Scherer a connu une première expérience marquante sur le Nürburgring-Nordschleife, terminant deuxième lors de ses débuts en GT3 aux côtés de Max Verstappen. Le jeune pilote suisse a salué l’attitude du quadruple champion du monde de Formule 1, malgré le risque encouru par ce dernier sur ce circuit réputé.
- Fabio Scherer, pilote de DTM, a terminé sa première course GT3 sur la Nordschleife à la deuxième place, juste derrière Max Verstappen.
- Le Suisse a été impressionné par l’attitude et le professionnalisme de Verstappen, malgré les enjeux financiers et médiatiques liés à sa participation.
- Scherer a souligné la difficulté du tracé de la Nordschleife, rappelant que même un pilote de l’envergure de Verstappen y est sujet aux aléas du trafic.
Fabio Scherer, qui faisait ses premiers pas en GT3 sur le redoutable Nürburgring-Nordschleife, a terminé sa course à la deuxième position, à seulement 24,496 secondes de la Ferrari victorieuse pilotée par Max Verstappen et Chris Lulham. Le pilote suisse, au volant d’une Ford Mustang GT3, partageait son baquet avec Jann Mardenborough et Dennis Fetzer. Cette performance marque un début prometteur sur l’un des circuits les plus exigeants du sport automobile.
Au-delà de la performance sportive, Scherer a particulièrement retenu l’attitude de Max Verstappen. « J’ai été impressionné par son implication », a confié Scherer à Motorsport-total.com. « Sa famille, y compris sa mère, était présente – et pourtant, c’était manifestement un plaisir pour lui. » Le pilote suisse a noté la convivialité du quadruple champion du monde de Formule 1 sur le podium, lors des traditionnels selfies. « Il était très sociable quand il nous a parlé après la course sur le podium. J’ai trouvé ça cool. »
Un moment notable lors des célébrations fut la scène de la distribution du champagne. « Il a demandé où « Stippi » avait ouvert la bouteille et ce qu’il faisait », a raconté Scherer, faisant référence à Frank Stippler, coéquipier de Scherer mais pilotant une autre Mustang, qui avait terminé troisième. Ce détail illustre, selon Scherer, la manière dont Verstappen « vit le sport », même face à un parcours où « quelque chose peut toujours arriver. Un accident aurait fait la une immédiatement. ». Pour le Suisse, « la Nordschleife est la Nordschleife », soulignant que même pour un pilote d’exception, le circuit impose ses contraintes.
Scherer, qui a franchi la barre symbolique des huit minutes au tour lors de sa première tentative dans un véhicule GT3 avec un temps de 7:59.774, a précisé que la performance de Verstappen n’était pas uniquement due à sa vitesse pure. « Max n’était pas toujours devant en termes de temps pur, à cause du trafic. À la fin, j’avais même la voiture de sécurité devant moi. » Il a également décrit le style de pilotage de Verstappen, qu’il a pu observer de près : « Vendredi, j’ai roulé un peu derrière lui. Il était très précis sur la piste – mais on peut s’y attendre, finalement. »
Le pilote de 25 ans a également abordé la question des pneumatiques en NLS (Nürburgring Langstrecken-Serie), une discipline qu’il découvre : « Vous avez tellement plus d’adhérence [que dans d’autres séries GT3], c’était ce qu’il y avait de plus difficile pour moi. Au premier freinage, j’ai presque traversé la piste. Chaque manufacturier apporte le meilleur de ce qu’il a. Protéger les pneus n’est pratiquement pas un sujet – on roule simplement à fond. »
Concernant le temps au tour de Verstappen lors des essais, plus rapide que le record officiel de la NLS, Scherer a nuancé : « Un record de tour sur la Nordschleife a une histoire et un sens. Mais sur un circuit de près de 24 kilomètres, avec le trafic, beaucoup de chance entre en jeu. Il faut avoir le réservoir vide, le pneu parfait, la piste libre. » Il a ajouté que « quiconque est aussi dominant en Formule 1 sera rapide partout », mais a souligné la difficulté d’une comparaison directe, pointant notamment les différences de pneus et la fréquence des Ferrari sur ce tracé. Pour lui, la constance prime sur le tour le plus rapide sur le long terme, bien que Verstappen ait montré une grande régularité durant la course, signe d’une bonne gestion du trafic.
La participation de Verstappen a suscité un engouement médiatique considérable, comme l’a noté Scherer : « Même les grands quotidiens suisses m’ont contacté. C’est différent quand il court. » Il a exprimé sa frustration quant à l’attention quasi exclusive portée à Verstappen, déplorant que le travail de pilotes comme Chris Lulham, qui a pourtant effectué un « excellent travail », soit moins médiatisé. « Bien sûr, il est incroyablement bon et mérite le respect. Mais Chris Lulham a également fait un excellent travail – presque personne n’en parle. »
Malgré cela, l’expérience reste positive pour Scherer, qui n’exclut pas une future carrière encore plus impressionnante pour Verstappen : « Je peux imaginer qu’en Formule 1, il sera le plus grand de tous les temps, tout comme pour le titre de champion du monde. Cela ne me surprendrait pas s’il devenait à nouveau champion du monde cette année. On ne sait jamais. » Son team manager, Ulrich Fritz, s’est montré satisfait des débuts de Scherer, soulignant son plaisir palpable après sa course. Frank Stippler a également rendu hommage à Verstappen, considérant sa présence comme une évidence pour le « meilleur pilote de circuit du monde » actuel.