Publié le 8 octobre. Face à une culture du « tout donner » qui perdure, un mouvement alternatif gagne du terrain : le FIRE, pour « Financial Independence, Retire Early ». Cette philosophie, née aux États-Unis dans les années 1990, prône l’indépendance financière et une retraite anticipée, séduisant de plus en plus de personnes souhaitant quitter le monde du travail bien avant l’âge légal.
- Le mouvement FIRE, acronyme de « Financial Independence, Retire Early », vise l’indépendance financière et la retraite anticipée, idéalement avant 50 ans.
- Il implique une épargne agressive, souvent jusqu’à 50 % des revenus, mais peut être adapté au rythme de chacun.
- Le succès repose sur la maîtrise des revenus, des dépenses et des investissements, comme l’illustre le parcours d’un couple ayant accumulé 700 000 € en sept ans.
Né aux États-Unis au début des années 1990, le concept du FIRE s’oppose à la culture actuelle du « Grindset », prônant une vie moins axée sur le travail acharné et plus sur la liberté financière. Si l’objectif est de prendre sa retraite dans les années 30, 40 ou 50, loin des décennies 60-70 plus conventionnelles, ce mode de vie exige discipline et sacrifices. Il n’est pas à la portée de tous, car la capacité d’épargne est intrinsèquement liée aux revenus perçus.
Le taux d’épargne traditionnel visé par les adeptes du FIRE s’élève à 50 % des revenus, selon Michael Houghton, chroniqueur pour l’Irish Independent, qui partageait son expérience sur le podcast « Money Talks ». Il souligne toutefois qu’il est possible d’adopter une approche plus progressive, sans contrainte stricte, trouvant un équilibre entre économiser aujourd’hui et profiter de la vie. L’enjeu réside dans la conciliation entre épargne et qualité de vie actuelle.
Michael Houghton a découvert le FIRE en 2018, alors qu’il travaillait comme développeur logiciel indépendant. Face à la hausse constante de ses revenus grâce à de nouveaux contrats, il a décidé, avec sa femme, de rompre avec l’habitude de dépenser systématiquement l’augmentation. L’objectif initial était d’économiser 3 000 € par mois, soit 36 000 € sur l’année, en éliminant les « dépenses inutiles » et les « achats par commodité ».
Ces dépenses superflues comprenaient notamment les virées shopping du samedi, dont les sacs restaient parfois non ouverts, témoignant d’une consommation excessive. Le couple a également réduit ses abonnements, ses factures de télévision et autres services, réalisant une économie d’environ 20 % sur leurs dépenses annuelles. Si l’augmentation des revenus est un levier important, Houghton insiste sur le fait que le succès ne repose pas uniquement sur les gros salaires, mais aussi sur une redéfinition des priorités et une appréciation des plaisirs simples de la vie.
En sept ans, Michael Houghton et son épouse sont parvenus à constituer un portefeuille de 700 000 €. Cet accomplissement a été accéléré par un second emploi pris pendant 18 mois durant la pandémie de COVID-19, une période particulièrement favorable aux développeurs indépendants. « Il nous a fallu trois ans pour atteindre 100 000 € », explique-t-il. « Nous sommes devenus compétents sur les revenus, les dépenses et l’investissement. Nous avons en quelque sorte maîtrisé ces trois éléments pour nous permettre de construire cette boule de neige. » Le portefeuille se compose d’environ 400 000 € d’économies personnelles et 300 000 € de gains d’investissement.
Le mouvement FIRE s’étend même aux plus jeunes. Le fils aîné de Michael Houghton, après avoir reçu de l’argent pour sa communion, a été sensibilisé à la magie du marché boursier. Plutôt que de dépenser impulsivement, il a investi une partie de cette somme dans des actions de Nintendo, une entreprise qui le passionnait.
L’intégralité de la conversation avec Michael Houghton est disponible sur le dernier épisode du podcast « Money Talks ». Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue ni un conseil d’investissement ni une recommandation de produit financier.