Publié le 25 février 2026 17:57:00. Indra, entreprise technologique espagnole dans laquelle l’État détient une participation majoritaire, a enregistré une forte croissance de ses bénéfices et de son carnet de commandes en 2025, portée par d’importants contrats publics dans le secteur de la défense.
- Le bénéfice net d’Indra a augmenté de 57 % en 2025, atteignant 436 millions d’euros.
- Le chiffre d’affaires de l’entreprise a progressé de 12,7 %, pour s’établir à 5 457 millions d’euros.
- Le carnet de commandes d’Indra a plus que doublé, atteignant 16 083 millions d’euros, grâce aux Programmes spéciaux de modernisation (PEM).
Indra ambitionne de devenir un acteur majeur du secteur de la défense en Europe, un domaine en plein essor. Les récents résultats de l’entreprise, une société d’économie mixte où l’État détient 28 % du capital, confirment cette dynamique. La société profite notamment de la demande croissante liée aux PEM, des programmes gouvernementaux de modernisation des équipements militaires.
L’explosion du carnet de commandes est en grande partie due à des contrats importants remportés en 2025. Parmi ceux-ci, on peut citer le contrat concernant l’artillerie terrestre mobile sur chaînes et roues, obtenu en collaboration avec Escribano Mechanical & Engineering (EM&E). Cette intégration avec EM&E vise à renforcer les capacités industrielles d’Indra. Santa Bárbara, un concurrent dans le domaine des plates-formes militaires terrestres, conteste ce contrat.
Les nouvelles commandes nettes ont augmenté de 138,6 %, atteignant 12 778 millions d’euros. Sans la contribution de Tess Defence, une entreprise dans laquelle Indra détient une participation majoritaire et qui fabrique les magnétoscopes Dragon 8X8 pour l’armée, l’augmentation des nouvelles commandes n’aurait été que de 10 %. Le gouvernement a attribué à Indra des programmes d’une valeur totale de 13,8 milliards d’euros dans le cadre des PEM.
Le président d’Indra, Ángel Escribano, a souligné l’importance de l’anticipation et des décisions stratégiques prises par l’entreprise.
« Le succès de la réalisation des PEM n’est pas une coïncidence, mais une réponse à notre anticipation et à nos décisions courageuses et stratégiques. »
Ángel Escribano, président d’Indra
Il a également annoncé la création, en mars dernier, des divisions Véhicules Terrestres et Armes & Munitions, permettant à l’entreprise de prendre de l’avance sur le marché. La division Véhicules Terrestres représente désormais 34 % du portefeuille de défense d’Indra. Parallèlement, l’entreprise a lancé IndraMind, sa plateforme souveraine d’intelligence artificielle, à double application, civile et militaire.
La branche d’activité militaire a connu la plus forte croissance, avec une augmentation de 36 % par rapport à l’année précédente, atteignant 1 407 millions d’euros. Cependant, Minsait, la division de solutions de transformation numérique, qui a vu son PDG, Luis Abril, démissionner en 2025, reste la branche la plus importante en termes de chiffre d’affaires, avec 3,129 millions d’euros, soit une augmentation de 5 %.
L’EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) d’Indra a augmenté de 16,7 %, atteignant 636 millions d’euros, tandis que la marge d’EBITDA a progressé de 0,4 point de pourcentage, pour s’établir à 11,7 %. L’entreprise a approuvé le versement d’un dividende de 30 centimes par action pour 2025, en hausse de plus de 20 % par rapport à l’année précédente, qui sera versé le 9 juillet.
Pour 2026, Indra vise à dépasser le seuil des 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, un objectif ambitieux supérieur aux 6 milliards d’euros initialement prévus dans son plan stratégique de mars 2024, lorsque Marc Murtra, actuel président de Telefónica, était encore à la tête de l’entreprise. Plus d’informations sur le plan stratégique.
Enfin, Indra a annoncé avoir « formellement clôturé le processus d’analyse des différentes alternatives de désinvestissement dans Minsait Payments », désormais appelé Nuek Payments.