Hambourg se positionne comme un acteur majeur de la transition énergétique en Allemagne avec le lancement de travaux pour acheminer de l’hydrogène vert vers le réseau national. Ce projet ambitieux, qui comprend la construction d’un électrolyseur à Moorburg, vise à réduire considérablement les émissions de CO₂ de l’industrie et à établir la ville hanséatique comme une porte d’entrée pour l’hydrogène en Europe.
Les travaux, déjà en cours, concernent la construction d’une conduite d’approvisionnement en gaz, baptisée « HH-Win-C70 », qui transportera l’hydrogène importé par le port de Hambourg ou produit localement grâce à l’électrolyseur en construction à Moorburg vers le réseau de gazoducs longue distance. Le point de raccordement de cette conduite se situe sur le territoire de la commune de Rosengarten. La mise en service est prévue pour l’été ou l’automne 2027, selon les estimations.
Le 1er décembre dernier, le maire de Hambourg, Peter Tschentscher (SPD), accompagné des sénatrices à l’économie et à l’environnement, Melanie Leonhard (SPD) et Katharina Fegebank (Verts), ont officiellement posé la première pierre de l’électrolyseur de 100 mégawatts sur le site de l’ancienne centrale au charbon de Moorburg. Commandé à Siemens Energy en septembre 2024, cet électrolyseur permettra de produire environ 10 000 tonnes d’« hydrogène vert » par an à partir du second semestre 2027, ont annoncé les partenaires du projet Hamburg Green Hydrogen Hub.
« L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité issue d’énergies renouvelables », a précisé le Sénat. Il est considéré comme une solution prometteuse pour décarboner l’industrie et d’autres secteurs. « L’hydrogène est une pierre angulaire sur la voie d’un approvisionnement énergétique neutre pour le climat pour notre industrie et nos grandes entreprises », a souligné Katharina Fegebank.
L’hydrogène produit sera notamment utilisé par le groupe ArcelorMittal pour fabriquer de « l’acier vert » dans son usine hambourgeoise. Ce procédé innovant remplace le charbon et le coke par de l’hydrogène dans la production d’acier, éliminant ainsi les émissions de dioxyde de carbone. « Nous sommes des pionniers », a déclaré Bernd Eilitz, porte-parole de Hamburger Energienetze, soulignant l’absence actuelle de réseau de canalisations d’hydrogène en Allemagne, qui se limite pour l’instant aux sites des grandes entreprises.
Cependant, un bémol est venu nuancer cet optimisme. En décembre, en réponse à une question du député de gauche Stephan Jersch, le Sénat a admis que le passage à la production d’acier vert pourrait être retardé de plusieurs années. Le groupe ArcelorMittal avait d’ailleurs abandonné en juin 2023 son projet de conversion des aciéries plates de Brême et d’Eisenhüttenstadt (Brandebourg) à une production climatiquement neutre.
Le projet d’électrolyseur et l’infrastructure du site de Moorburg nécessiteront un investissement d’environ trois millions d’euros, avec un engagement de financement global de 154 millions d’euros.