Munich, Allemagne – 14 février 2026. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a plaidé pour un renforcement de l’alliance transatlantique, insistant sur la nécessité d’une coopération accrue face aux défis géopolitiques actuels, notamment en Ukraine. Il a également esquissé une vision de l’OTAN adaptée aux réalités du XXIe siècle.
- Marco Rubio a souligné l’importance de l’héritage civilisationnel commun entre l’Europe et les États-Unis comme fondement de leur alliance.
- Il a réaffirmé le soutien américain à l’Ukraine, tout en reconnaissant la complexité de la situation militaire sur le terrain.
- Le secrétaire d’État a évoqué des efforts diplomatiques en cours, impliquant des négociateurs américains, pour tenter de trouver une solution négociée au conflit ukrainien.
S’exprimant lors d’une conférence de presse à l’Hôtel Bayerischer Hof, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, Marco Rubio a répondu aux questions de John Micklethwait de Bloomberg News. Il a précisé que le message adressé à l’Europe par son administration était cohérent avec celui du vice-président l’année précédente, malgré une approche potentiellement différente. « Le message est le même », a-t-il affirmé. « Ce que le vice-président a dit très clairement l’année dernière, c’est que l’Europe avait pris une série de décisions internes qui menaçaient l’Alliance et, au final, l’Europe elle-même. » Il a insisté sur le fait que les pressions exercées sur l’Europe découlent d’une réelle préoccupation pour son avenir et de la conviction que le destin américain et européen sont intrinsèquement liés.
Rubio a mis en avant l’importance de l’identité et des valeurs communes comme moteur de l’engagement et du sacrifice. « Les gens ne se battent pas et ne meurent pas pour des idées abstraites », a-t-il déclaré. « Ils sont prêts à se battre et à défendre leur identité, ce qui compte pour eux et ce qui est important à leurs yeux. » Il a souligné que l’alliance transatlantique doit reposer sur une compréhension partagée de cet héritage commun, allant de la culture à la langue, en passant par les institutions politiques.
Interrogé sur la Russie, le secrétaire d’État a nuancé les perceptions d’une menace imminente. Il a reconnu la présence continue de soldats américains en Europe, dans le cadre de l’OTAN, et la persistance de diverses formes de coopération. Cependant, il a également souligné la nécessité d’une adaptation de l’Alliance aux défis contemporains. « Un réajustement est en cours, parce que nous devons comprendre que nous voulons redynamiser… Cette Alliance doit changer parce que le monde a changé », a-t-il expliqué. « Cette Alliance doit avoir des objectifs différents de ceux qu’elle avait par le passé, parce que les défis du XXIe siècle sont différents de ceux du XXe siècle. »
La situation en Ukraine a occupé une place importante dans les échanges. Rubio a reconnu les lourdes pertes subies par les deux camps, estimant qu’il est difficile de déterminer qui « gagne » la guerre. « Les Russes perdent entre sept et huit mille soldats par semaine », a-t-il précisé, soulignant l’ampleur des dégâts. Il a également insisté sur la nécessité d’une solution négociée, affirmant que les États-Unis, grâce à leur position unique, sont en mesure de faciliter le dialogue entre les parties. « Nous faisons deux choses. Évidemment, nous continuons… Écoutez, nous ne fournissons pas d’armes à la Russie, nous fournissons des armes à l’Ukraine. Nous n’imposons pas de sanctions à l’Ukraine, mais à la Russie », a-t-il rappelé.
Concernant les craintes d’une désunion transatlantique en cas de défaite ukrainienne, Rubio a minimisé les risques de tensions. Il a salué le courage des Ukrainiens et l’aide substantielle fournie par les États-Unis, notamment en matière de missiles Javelin, qui ont joué un rôle crucial dans les premiers jours du conflit. Il a également exprimé sa conviction que l’histoire jugera les événements avec justesse. « Je ne crois pas que la guerre se terminera par une défaite traditionnelle telle que les gens l’imaginent », a-t-il déclaré. Il a ajouté que les négociations en cours, menées par Steve Witkoff et Jared Kushner, pourraient aboutir à des progrès significatifs, bien que l’issue reste incertaine.
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