Publié le 9 février 2026 à 00:20:00. La militante iranienne des droits de l’homme Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix en 2023, a été condamnée à six ans de prison supplémentaire par un tribunal iranien, une décision dénoncée comme une nouvelle vague de répression contre les voix dissidentes.
- Narges Mohammadi a été condamnée à six ans de prison pour « rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes ».
- Elle a également écopé d’une interdiction de quitter le pays pendant deux ans et d’une peine supplémentaire d’un an et demi de prison pour « activités de propagande ».
- Sa défense a indiqué qu’il est possible de faire appel de cette décision et espère obtenir une libération sous caution pour raisons de santé.
Un nouveau coup dur pour Narges Mohammadi, la prix Nobel de la paix iranienne. Un tribunal de Téhéran l’a condamnée à six ans de prison, a révélé son avocat, Mostafa Nili, dimanche. L’activiste de 53 ans avait été arrêtée le 12 décembre dernier à Machhad, dans le nord-est du pays, lors d’une cérémonie commémorative en hommage à un avocat décédé.
Selon son avocat, la sentence inclut également une interdiction de quitter l’Iran pendant deux ans. De plus, Narges Mohammadi a été condamnée à un an et demi de prison pour « activités de propagande » et à deux ans d’exil dans la ville de Khosf, dans la province du Khorassan du Sud. La loi iranienne prévoit que les peines de prison ne sont pas cumulables.
Cette condamnation intervient alors que le régime iranien est accusé de réprimer violemment les manifestations et les voix dissidentes. Chirinne Ardakani, l’avocate de Narges Mohammadi basée à Paris, a dénoncé une escalade de la répression.
« Alors que le régime est comptable de crimes contre l’humanité, la répression bat son plein contre les voix dissidentes qui se comptent par milliers dans les prisons politiques, dont celle de Narges Mohammadi »
Chirinne Ardakani, avocate
Elle a appelé la communauté internationale à exiger la libération de tous les prisonniers politiques.
Narges Mohammadi a déjà passé de nombreuses années en prison pour son engagement en faveur des droits de l’homme, notamment pour son opposition à la peine de mort et au code vestimentaire strict imposé aux femmes en Iran. Elle n’a pas vu ses deux enfants, qui vivent à Paris, depuis 2015.
En décembre 2024, elle avait été libérée temporairement pendant trois semaines pour raisons médicales, après avoir subi une ablation tumorale et une greffe osseuse, selon son avocat. Même derrière les barreaux, Narges Mohammadi a continué son combat, organisant des protestations en prison et menant des grèves de la faim et défendant les droits des prisonniers politiques.
Récemment, elle s’était mise en grève de la faim pour réclamer le droit de pouvoir téléphoner à sa famille, comme l’a indiqué son avocate.
Née en 1972 à Zanjan, dans le nord-ouest de l’Iran, Narges Mohammadi est ingénieure de formation. Elle s’est engagée dans le journalisme au sein de journaux réformateurs avant de rejoindre le Centre des défenseurs des droits de l’homme fondé par Shirin Ebadi, également prix Nobel de la paix en 2003.
En 2023, Narges Mohammadi a reçu le prix Nobel de la paix pour « son combat contre l’oppression des femmes en Iran et pour la promotion des droits humains et la liberté pour tous »
. L’Iran est actuellement classé deuxième au monde en termes de nombre d’exécutions, selon des organisations de défense des droits de l’homme comme Amnesty International.
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