Tension en Méditerranée : des navires d’aide humanitaire interceptés par Israël, Greta Thunberg parmi les passagers
Les forces navales israéliennes ont intercepté plusieurs navires d’une flottille humanitaire se dirigeant vers Gaza, parmi lesquels se trouvait la militante écologiste suédoise Greta Thunberg. Israël affirme que les passagers sont en sécurité et que des procédures d’expulsion vers l’Europe vont débuter, tandis que les organisateurs dénoncent un acte de piraterie et un crime de guerre.
La flottille « Hamas-Sumud », transportant médicaments et nourriture, composée de plus de 500 personnalités dont des parlementaires, avocats et militants, se trouvait à environ 70 milles nautiques de Gaza lorsqu’elle a été appréhendée. Israël justifie cette interception par le fait que les navires entraient dans une zone de combat active et violaient le blocus maritime imposé à Gaza. Le ministère des Affaires étrangères israélien a communiqué sur le réseau social X que les passagers, dont Greta Thunberg, étaient « en sécurité et en bonne santé » et transférés vers un port israélien pour des procédures d’expulsion vers l’Europe. Une vidéo diffusée par le ministère montre d’ailleurs l’activiste suédoise sur le pont d’un navire, entourée de soldats.
Les organisateurs de la Flotilla Global Sumud, quant à eux, ont dénoncé une opération illégale dans les eaux internationales, qualifiant l’incident d’« acte de terreur » et de « crime de guerre ». Ils allèguent que les militaires israéliens ont eu recours à des tactiques agressives, y compris des canons à eau, et accusent la marine israélienne d’avoir tenté de faire couler l’un des navires, le Maria Cristina. La vérification indépendante de ces allégations par Reuters s’est avérée impossible à ce stade, et l’armée israélienne n’a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
L’interception a provoqué des réactions vives de la communauté internationale. Le ministère turc des Affaires étrangères a qualifié l’action israélienne d’« attaque » et d’« acte de terreur », tandis que l’Espagne a exhorté Israël à respecter la sécurité et les droits des militants. L’Italie et l’Espagne avaient précédemment déployé des navires militaires pour une éventuelle mission de sauvetage ou humanitaire, mais ont arrêté leur surveillance à l’approche de la zone de blocus. La Turquie surveillait également le convoi avec des drones.
Malgré l’interception de 19 bateaux selon les organisateurs, environ 30 autres navires de la flottille continueraient de naviguer en direction de Gaza. Ces tentatives d’acheminer de l’aide par voie maritime visent à briser le blocus imposé par Israël à l’enclave, dévastée par près de deux ans de guerre.
Cette confrontation survient alors qu’Israël a averti à plusieurs reprises la flottille de faire demi-tour. La marine israélienne avait proposé de transférer l’aide via des canaux officiels, une offre rejetée par les organisateurs qui estiment que l’objectif de leur mission est avant tout de sensibiliser à la catastrophe humanitaire en cours.
L’histoire des flottilles vers Gaza est marquée par des précédents tendus. En 2010, une opération israélienne sur une flottille similaire avait entraîné la mort de neuf militants. Plus récemment, en juin, Greta Thunberg et onze autres membres d’équipage avaient été arrêtés alors qu’ils approchaient de Gaza à bord d’un autre navire organisé par la Freedom Flotilla Coalition.
L’offensive israélienne actuelle à Gaza a été lancée suite aux attaques du Hamas le 7 octobre 2023, qui ont causé la mort d’environ 1 200 personnes et la prise de 251 otages, selon les chiffres israéliens. Les autorités sanitaires locales de Gaza rapportent quant à elles plus de 65 000 morts depuis le début du conflit.