Alors que la prochaine console de Nintendo, la Switch 2, continue de battre des records de ventes, un lecteur spécule que ses concurrentes, la PS6 et la prochaine Xbox, pourraient bien avoir du mal à rivaliser à leur sortie prévue en 2027.
Nintendo jouit d’une réputation de constance en matière de qualité de ses jeux, mais son succès commercial en ce qui concerne ses consoles est plus mitigé. L’histoire de la firme japonaise compte quatre succès majeurs et trois échecs (le N64 étant une catégorie à part, souvent classé parmi les moins performants). Nombreux étaient ceux qui pensaient que la Switch 2 rétablirait l’équilibre.
Cette prédiction reposait initialement sur le prix, le manque d’informations sur les jeux à venir et le fait que le public sous-estime systématiquement Nintendo. Ou plus précisément, les joueurs les plus assidus, qui se prennent trop au sérieux, ont tendance à les négliger. Cependant, les dernières données de ventes américaines révèlent une réalité tout autre : la Switch 2 s’impose comme la console à la croissance la plus rapide de tous les temps.
Cette performance est d’autant plus remarquable qu’elle a été atteinte en plein cœur de l’été, une période traditionnellement creuse pour l’achat de consoles. La tendance s’accélère encore à l’approche des fêtes de fin d’année. Bien que la ludothèque initiale puisse ne pas égaler la légendaire première année de la Switch 1, elle propose un catalogue conséquent couvrant la plupart des franchises majeures, ce qui devrait largement suffire aux joueurs occasionnels.
Habitués au succès de la Switch 1, les joueurs ne la considèrent pas forcément comme une rivale directe des PlayStation et Xbox, tant elle est moins puissante en comparaison. Le marché des Xbox semble aujourd’hui marginalisé, mais la logique actuelle voudrait que les joueurs recherchant les titres les plus exigeants se tournent vers la PlayStation 5.
Cette idée est cependant remise en question par d’excellents ports de jeux tels que *Star Wars Outlaws*, *Cyberpunk 2077* et *Final Fantasy VII Remake*. Si des titres comme *GTA 6* sont peut-être hors de portée, peu de jeux semblent inaccessibles, à condition d’accepter quelques compromis sur le taux d’images par seconde et la résolution. Les joueurs les plus exigeants rechigneront à ces concessions, mais la majorité ne percevra pas, ni ne se souciera de ces différences. Nintendo retrouve ainsi une position similaire à celle de l’ère SNES, où la console était capable de faire tourner la quasi-totalité des jeux, sans restrictions majeures en termes de stockage ou de graphismes.
Alors que la PlayStation 5 arrive en fin de cycle et que la Xbox Series X/S est en déclin, les futures consoles de ces constructeurs s’annoncent particulièrement coûteuses, donnant l’impression que la Switch 2 sera presque offerte. Dans ce contexte, la console de Nintendo apparaîtra comme un investissement encore plus judicieux, surtout si l’on anticipe le nombre de jeux exclusifs qui s’ajouteront à son catalogue d’ici Noël 2027.
Au lancement de la Switch 1, malgré son succès naissant, il semblait impensable qu’elle puisse rattraper la PlayStation 4 ou même la Xbox One, qui bénéficiaient d’une avance de plus de trois ans. Pourtant, elle y est parvenue, les dépassant largement. Aujourd’hui, la situation s’inverse : la Switch 2 bénéficiera d’une avance d’environ trois ans sur ses concurrentes, et il semble peu probable que celles-ci parviennent à combler leur retard. Les Xbox sont d’ores et déjà hors course. Si la PlayStation 6 s’avère coûteuse, proposant peu d’exclusivités et une amélioration graphique limitée par rapport à la génération actuelle, il est difficile d’imaginer qu’elle connaisse un grand succès. Les joueurs continueront de préférer la PlayStation 5, pour des raisons claires et légitimes.
La Switch 2 semble donc avoir d’ores et déjà remporté cette génération, sans même avoir eu à livrer bataille. Ce scénario n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. Même en tant que fan de Nintendo, une position de domination pourrait inciter le constructeur à relâcher ses efforts, comme toute entreprise dans une telle situation. La concurrence est nécessaire pour les stimuler, mais il est incertain qu’elle soit au rendez-vous dans les années à venir.