Publié le 14 février 2024 14:21:00. La campagne électorale à venir en Bulgarie s’annonce particulièrement virulente, selon Ivaylo Mirchev, coprésident du parti « Oui, la Bulgarie », qui anticipe des attaques et des révélations compromettantes de la part de ses adversaires politiques. Cette tension intervient dans un contexte marqué par une enquête sur une tragédie récente et des accusations de corruption.
- Ivaylo Mirchev s’attend à une campagne électorale marquée par des attaques personnelles et la divulgation de documents compromettants.
- Il accuse Boyko Borissov et Delyan Peevski d’utiliser des partis alliés pour mener cette campagne agressive.
- L’affaire de la cabane « Petrohan » et d’Okolchitsa, où six personnes sont décédées, soulève des questions sur le rôle des services de sécurité.
Selon Ivaylo Mirchev, la Bulgarie se prépare à une campagne électorale d’une rare violence.
« Ce sera la campagne la plus méchante et la plus boueuse de notre histoire récente. Parce que le serpent, quand il meurt, mord le plus fort. C’est le dernier tour – Borissov et Peevski mordront très fort. Je m’attends à du sabotage à tous les niveaux, jusqu’au bureau, et à une campagne électorale très boueuse. Nous ferons des victimes politiquement – nous ne savons pas quels documents compromettants ils nous ont préparés et quels coups nous subirons. »
Ivaylo Mirchev, coprésident de « Oui, la Bulgarie »
Il accuse directement Boyko Borissov et Delyan Peevski d’orchestrer cette offensive à travers des partis tels que « Vazrazhdane » et ITN (Il y a de tels gens). Il affirme que ces partis, après avoir profité de parts dans les ministères grâce à Orlin Alexiev et ITN, sont désormais en train de déverser leur venin, anticipant leur exclusion du prochain parlement.
La tragédie survenue dans la cabane « Petrohan » et à Okolchitsa, qui a coûté la vie à six personnes, est au cœur des préoccupations. Mirchev insiste sur la nécessité de laisser les institutions mener leur enquête en toute indépendance. Il critique cependant le manque de réaction initiale des services de renseignement (DANS) et du ministère de l’Intérieur, soulignant qu’ils sont restés silencieux jusqu’à ce que le PP-DB (Poursuivre le changement – Bulgarie démocratique) publie des informations sur des exercices conjoints entre une organisation non gouvernementale dirigée par Ivaylo Kalushev et le ministère de l’Intérieur. Il rappelle qu’une question posée au parlement par le député Yordan Ivanov concernant d’éventuels agents du DANS recrutés parmi les proches de Kalushev n’a pas reçu de réponse claire, ce qui, selon lui, équivaut à un aveu.
Au sein de la commission parlementaire de contrôle des services, une proposition du PP-DB visant à déclassifier tous les documents relatifs à cette affaire, y compris ceux datant d’il y a plusieurs années, a été rejetée à deux reprises. Mirchev déplore ce manque de transparence, soulignant la facilité avec laquelle il serait possible d’identifier les personnes présentes dans la zone de la cabane « Petrohan » grâce à l’analyse des données de téléphonie mobile.
« Il y a une cellule d’opérateurs mobiles autour de la cabane Petrokhan, ils ont une portée de 6 à 12 km. À cet endroit, il n’y a pas plus de quelques dizaines de téléphones dans cette portée. Il est très facile de savoir qui était là à quel moment. Il faut 5 minutes pour extraire cette information, et combien de jours et de semaines se sont écoulés depuis. »
Ivaylo Mirchev, coprésident de « Oui, la Bulgarie »
Il estime que la déclassification complète des informations est essentielle pour informer le public et évaluer l’existence d’autres groupes similaires en Bulgarie.
Mirchev réfute les accusations portées par le député DPS-Nouveau Départ et ancien ministre de l’Intérieur Kalin Stoyanov, selon lesquelles Boyko Rashkov, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, aurait armé des hommes liés à Kalushev avec 16 armes. Il explique que l’agent du ministère de l’Intérieur de Montana qui avait délivré ces permis a été licencié à l’époque de Rashkov pour avoir armé un criminel, puis réintégré et muté à Haskovo avant d’être renvoyé à Montana par Stoyanov. Il insiste sur la nécessité d’élucider cette affaire jusqu’au bout.
Concernant l’ancien ministre de l’Économie Borislav Sandov, Mirchev estime qu’il doit assumer la responsabilité de l’accord qu’il a signé avec l' »Agence nationale pour le contrôle des zones protégées » dirigée par Ivaylo Kalushev. Il exprime son irritation face au nom prétentieux de cette organisation et souligne la prudence nécessaire lors de la conclusion de mémorandums avec de telles entités, en particulier lorsqu’elles sont nouvellement créées.
Mirchev rejette également les accusations selon lesquelles la NAKZT aurait été enregistrée à l’époque où Nadejda Yordanova était ministre de la Justice, comparant cette affirmation à l’établissement d’un lien entre l’arrivée du Covid-19 en Bulgarie et le gouvernement de Boïko Borissov. Il précise que l’enregistrement de l’organisation a été effectué par un juge d’enregistrement.
Enfin, Mirchev aborde la question de la sécurité des enfants, exprimant son incompréhension face à la situation où un parent laisserait son enfant seul avec des hommes dans une cabane, même au Mexique. Tout en soulignant qu’il ne lui appartient pas de commenter les détails de l’enquête, il réaffirme sa confiance dans les institutions.
Il rappelle également l’affaire « Nexo » d’il y a trois ans, qui avait conduit le président Radev à confier un troisième mandat à la « Bulgarie démocratique », et qui a abouti à une poursuite de la Bulgarie pour 3 milliards de dollars. Il critique le rôle de Sarafov, actuel procureur général par intérim, et espère qu’un nouveau procureur général sera nommé par le prochain ministre de la Justice.
Mirchev exprime son inquiétude quant aux attentes élevées placées sur le gouvernement intérimaire et annonce que les représentants du PP-DB ont présenté cinq priorités lors des consultations avec la présidente Iliana Yotova. Ces priorités incluent l’absence de liens de parenté entre le Premier ministre par intérim et Delyan Peevski, la destitution de tous les gouverneurs régionaux pour garantir des élections équitables, la nomination d’un ministre de l’Intérieur fort capable de remplacer les chefs des directions régionales de la police, la fermeture des canaux de financement contrôlés par Peevski et la lutte contre la corruption dans le secteur de la santé.