Jack White, l’ancien leader des White Stripes, expose ses œuvres d’art à la Newport Street Gallery de Londres. Si le milieu de l’art contemporain semble enthousiaste à l’idée de s’associer à la star du rock, la critique juge son incursion dans les arts visuels comme un échec.
Malgré son talent reconnu en musique, Jack White est décrit comme un « non-starter » en tant qu’artiste visuel. Selon l’analyse de l’exposition, même des collaborations avec des figures majeures comme Ai Weiwei et Damien Hirst ne parviennent pas à sauver l’ensemble.
L’intervention d’Ai Weiwei illustre ce contraste. Invité à personnaliser l’un des amplificateurs du musicien, l’artiste a inscrit le « mot avec un F » (terme vulgaire anglais) à l’aide de boutons de diverses tailles et couleurs. Ce geste, qualifié de cynique et méprisant, est toutefois perçu comme possédant un esprit créatif, nihiliste et dangereux qui ferait cruellement défaut aux œuvres propres de White.
Le soutien du monde de l’art est pourtant manifeste. L’exposition se tient à la Newport Street Gallery, propriété de Damien Hirst, et s’accompagne d’un catalogue luxueux incluant un entretien réalisé par le commissaire Hans Ulrich Obrist. Damien Hirst a lui aussi personnalisé un amplificateur, en y apposant un modèle de tête de vache en putréfaction.
En outre, Hirst et White ont collaboré sur des pièces reprenant des motifs classiques et désormais jugés banals pour l’artiste britannique, notamment une peinture centrifuge (« spin painting ») et une balle de ping-pong flottante.