Comment parler des bienfaits des Alcooliques anonymes sans susciter la méfiance ? Une question délicate pour une personne en sobriété depuis quatre ans, qui s’interroge sur la perception que peuvent avoir les autres de ce type de groupes d’entraide.
« C’est une question difficile », reconnaît AJ Daulerio, qui répond à cette interrogation dans sa chronique de conseils. L’analogie avec des sectes, notamment après la diffusion de documentaires sur des groupes controversés comme NXIVM, est inévitable. « J’ai frémi sur mon siège en regardant ces séries », confie-t-il, évoquant les similitudes troublantes entre certaines pratiques de ces groupes et celles observées dans les réunions en 12 étapes.
L’auteur se livre sur ses propres vulnérabilités, admettant avoir toujours été attiré par l’idée de faire partie d’un groupe avec un objectif commun, voire ambitieux. Il reconnaît même qu’un leader charismatique pourrait facilement l’influencer. « Si le bon leader charismatique se présentait, je déteste le dire, mais je pourrais facilement subir un lavage de cerveau », écrit-il, avant de souligner qu’il préfère s’en tenir aux fondateurs des AA, Bill W. et le Dr Bob, et préserver son argent et son estime de soi.
Il insiste sur le fait que les AA ne sont pas une secte, du moins pas au sens habituel du terme. Pour beaucoup, il s’agit simplement d’une forme de thérapie de groupe prolongée, dont la seule condition est le désir d’arrêter de boire. L’aspect spirituel, avec l’encouragement à croire en une « puissance supérieure », peut toutefois être un frein pour certains. « Les AA encouragent la croyance en une puissance supérieure, et je sais que Dieu est en tête d’affiche par défaut », explique-t-il, précisant que cette notion peut être interprétée de manière très personnelle, allant d’une foi religieuse à un simple sentiment de réconfort.
L’auteur souligne également l’absence de pression financière. Bien qu’un panier soit souvent passé lors des réunions pour couvrir les frais, personne ne force les participants à contribuer. « Aucun des membres ne vous tient la tête en bas et ne vous secoue pour obtenir ces dollars », assure-t-il. Il relativise même, notant qu’il juge souvent silencieusement ceux qui font étalage de leur générosité.
Il reconnaît que les AA peuvent attirer des membres très engagés, et que certains peuvent réagir de manière excessive lorsqu’on en parle publiquement, en invoquant la 11ème tradition (qui préconise la discrétion médiatique). « Vous êtes toujours libre de partir », insiste-t-il, rappelant que personne n’est obligé de rester dans un groupe qui ne lui convient pas. Il conseille également de ne pas se sentir obligé d’expliquer son parcours à ses amis si cela risque de susciter des jugements.
Enfin, il encourage ceux qui le souhaitent à parrainer de nouveaux membres et à leur montrer que les AA ne sont pas un culte. « Montre-leur toi-même que ce n’est pas un culte », conclut-il.