Publié le 15 février 2026 à 13h18. La popularité croissante des transactions directes d’or via des plateformes en ligne comme Carrot Market attire l’attention des fraudeurs, qui utilisent des techniques de phishing vocal pour blanchir de l’argent et piéger les vendeurs.
- Des transactions d’or directes sont détournées par des réseaux de fraudeurs utilisant le phishing vocal.
- Les vendeurs d’or peuvent involontairement devenir complices de ces délits et voir leurs comptes bloqués.
- Le Service de surveillance financière (FSF) alerte sur une augmentation des cas de blanchiment d’argent via l’or et exhorte à la vigilance.
Une recrudescence des fraudes liées à l’or est observée en Corée du Sud, exploitant la popularité des plateformes de vente entre particuliers. Des criminels se livrent à du blanchiment d’argent en utilisant des techniques de phishing vocal, ciblant à la fois les acheteurs et les vendeurs.
M. A., habitant de Séoul, a récemment été victime de cette arnaque. Après avoir convenu d’une transaction directe d’or avec un acheteur sur Carrot Market et vérifié son identité, il a été confronté à une personne différente lors de l’échange. Cette dernière, se présentant comme le fils de l’acheteur, a invoqué une urgence pour justifier son remplacement. M. A., bien que méfiant, a finalement remis l’or (d’une valeur d’environ 18 millions de wons, soit environ 13 000 euros) après avoir reçu un virement sur son compte, initialement fourni pour un acompte. Il s’est ensuite avéré que ce paiement provenait d’une victime de phishing vocal, et son compte a été bloqué, qualifié de « compte frauduleux ».
Les forces de l’ordre ont également arrêté M. B., un membre actif d’un réseau de phishing vocal qui avait encaissé plus de 620 millions de wons (environ 450 000 euros) en lingots d’or. Ce réseau contactait les victimes en se faisant passer pour des procureurs ou des agents du Service de surveillance financière, les incitant à transférer leurs fonds vers un compte sécurisé, souvent en échange de lingots d’or plutôt que d’espèces. Les victimes étaient parfois isolées pendant plusieurs jours, sous prétexte d’une enquête, pour les forcer à coopérer.
Le Service de surveillance financière a constaté une augmentation significative de ces cas de blanchiment d’argent. En janvier dernier, 11 incidents ont été recensés, suivis de 13 en novembre et 9 en décembre de l’année précédente.
Les fraudeurs utilisent souvent des tactiques spécifiques pour manipuler les vendeurs. Ils peuvent proposer d’acheter de grandes quantités d’or sans négocier le prix, ou demander des informations sur les quantités disponibles au-delà de celles affichées en ligne, encourageant ainsi des ventes en gros. Ils insistent également pour obtenir un numéro de compte pour un virement anticipé, refusant les paiements en espèces ou via les plateformes sécurisées, car cela pourrait éveiller les soupçons des victimes de phishing vocal.
Si une victime de phishing vocal reconnaît la fraude et signale le vendeur d’or à la police, ce dernier risque de voir son compte bloqué, ses transactions financières restreintes et d’être contraint de rembourser le montant de la transaction.
Le Service de surveillance financière met en garde contre l’utilisation de l’or, mais aussi de l’argent et des devises étrangères, dans des schémas de phishing vocal et de blanchiment d’argent. Il souligne que les fraudeurs ciblent également les personnes échangeant des devises étrangères après un voyage à l’étranger.
« Les caractéristiques principales du blanchiment d’argent via l’or sont la demande d’un dépôt anticipé juste avant la transaction et le refus de coopérer aux vérifications d’identité. »
Responsable du Service de surveillance financière
Le FSF recommande de vérifier attentivement l’identité de l’acheteur, de consulter l’historique des conversations et de s’assurer que le compte de l’acheteur dispose d’un historique de transactions et de vérifications d’identité. Il conseille également d’être particulièrement vigilant si un acheteur demande un numéro de compte avant la rencontre en personne.