Home Économie « Je n’abandonne pas » – Les familles Tuam se battent pour garder la crèche ouverte

« Je n’abandonne pas » – Les familles Tuam se battent pour garder la crèche ouverte

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Publié le 2025-10-14 14:42:00. La garderie Happily Ever After à Tuam, dans le comté de Galway, fermera ses portes le 31 octobre, plongeant 72 familles dans une course contre la montre pour trouver des solutions de garde d’enfants. La fermeture est due à l’incapacité de la paroisse de Tuam, propriétaire du bâtiment, à financer des travaux de mise aux normes de sécurité incendie estimés à 1,2 million d’euros.

  • La garderie, qui accueille 96 enfants, cessera ses activités à la fin du mois.
  • Dix-neuf emplois seront supprimés suite à cette fermeture.
  • Les familles se mobilisent et expriment leur détresse face à cette décision.

C’est un coup de massue pour les 72 familles qui dépendent de la garderie Happily Ever After, située dans le centre communautaire de Bishop Street, à Tuam. La nouvelle, tombée en milieu de semaine, a provoqué une onde de choc. La raison invoquée par la paroisse de Tuam, propriétaire des lieux, est l’ampleur des travaux de modernisation nécessaires pour se conformer aux normes de sécurité incendie : un coût estimé à 1,2 million d’euros, jugé trop élevé pour les finances paroissiales.

Laura Murphy, mère de quatre enfants et utilisatrice des services depuis six ans et demi, a qualifié la nouvelle de « dévastatrice ». Elle se retrouve dans une situation précaire : « J’ai dû me présenter jeudi matin et dire à mon nouvel employeur que je ne pourrai probablement pas travailler dans trois semaines parce que je n’ai pas de service de garde d’enfants. Le petit supplément de salaire a soulagé la pression et maintenant la pression est de retour et Noël approche », confie-t-elle, le visage marqué par l’inquiétude. Sa situation n’est pas isolée ; de nombreux parents travaillent dans des secteurs où les horaires sont contraignants, comme les infirmières ou les enseignants.

Alan Sheerin, dont le fils de quatre ans fréquente la garderie à temps partiel, rappelle que ce n’est pas la première fois que la structure est confrontée à de tels problèmes. En 2023 déjà, des préoccupations liées à la sécurité incendie avaient menacé la continuité de l’accueil. Les exploitants, Once Upon a Time Childcare Limited, expliquent qu’un nouveau bail avait été signé l’année dernière, avec l’accord de la paroisse d’entreprendre les travaux nécessaires. « Les promesses ont été faites par la paroisse qu’elle allait faire ces travaux pour le mettre aux normes », souligne M. Sheerin, ajoutant : « Nous souhaitons évidemment que le bâtiment soit le plus sécuritaire possible pour nos enfants. »

Face à cette décision de la paroisse, les parents n’entendent pas baisser les bras. Megan Flaherty, mère de cinq enfants, se montre déterminée : « Nous n’abandonnons pas sans nous battre et nous allons continuer d’essayer. Même si nous devons nous-mêmes faire appel à des entrepreneurs privés pour obtenir notre propre devis, nous sommes heureux de le faire. Nous sommes heureux de collecter des fonds », assure-t-elle. Elle rejette l’idée de chercher de nouveaux locaux, arguant que cela prendrait trop de temps. « Il faut juste que la paroisse change d’avis, fasse les réparations nécessaires pour la mettre en sécurité incendie et rouvrir la crèche. C’est aussi simple que ça en fait », insiste-t-elle.

La mobilisation est palpable dans la communauté. Une pétition en ligne a été lancée, des réunions publiques sont organisées et une manifestation est prévue. Les exploitants de la garderie ont qualifié la situation d’« atrocement douloureuse pour toutes les personnes impliquées ». Pour de nombreux parents, la perspective de devoir quitter leur emploi faute de solution de garde est une réalité angoissante. « J’ai travaillé très dur pour devenir infirmière et j’adore ma carrière, c’est ma passion. […] Je dois abandonner ça et ça ne devrait pas en arriver là », déplore Megan Flaherty.

Dans un communiqué, le centre communautaire de la rue Bishop a précisé que « depuis sept ans, la paroisse de Tuam est heureuse de louer une partie du centre communautaire à Once Upon a Time Childcare Limited sous le nom de crèche « Happily Ever After » ». Il est également mentionné que plus de 20 000 € ont déjà été dépensés par la Paroisse pour la nomination d’un chef de projet et l’engagement de consultants en sécurité incendie et en électricité. Malgré ces efforts, « compte tenu de la valeur globale de ce bâtiment, les coûts des travaux [estimés à 1 200 000 €] dépassent de loin la capacité des finances paroissiales limitées », conclut le communiqué, exprimant sa compréhension face à la déception des familles.

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