Home Sciences et technologies « Je ne veux pas d’un super-pub, je veux de la musique, une conversation, une cheminée… »

« Je ne veux pas d’un super-pub, je veux de la musique, une conversation, une cheminée… »

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Publié le 10 février 2024 à 09h20. À la périphérie de Cork, le Blackman Bar, un pub familial aux racines profondes, incarne l’âme d’une Irlande rurale en mutation, tout en restant un lieu de rencontre essentiel pour les habitants.

  • Le Blackman Bar, repris par la famille Healy il y a 56 ans, est un pub de campagne emblématique à Ballincrokig, près de Cork.
  • L’établissement a évolué au fil des décennies, passant d’un simple pub pour hommes à un lieu convivial et intergénérationnel.
  • Malgré l’urbanisation croissante de la région, le pub conserve son rôle social vital, offrant un espace de convivialité et de solidarité.

Roy Healy, l’actuel tenancier, perpétue une histoire familiale débutée lorsque ses parents, Maureen Cronin et son époux de Mayfield, ont quitté la ville de Cork pour s’installer à la campagne, il y a plus de cinquante ans. Ils avaient déjà tenu un pub à Parnell Place, mais aspiraient à offrir un environnement plus paisible pour élever leurs sept enfants.

Le Blackman Bar existait déjà à l’époque, mais était associé à une épicerie et à un bureau de poste. Au fil du temps, ces différentes activités se sont fondues en un seul lieu, façonné par l’évolution des besoins et des habitudes des clients. La pièce actuelle où se trouve le bar était autrefois un magasin, témoignant des transformations successives de l’établissement.

L’origine du nom du pub remonte à une époque antérieure à son enseigne officielle. Il tire son nom d’une forge située de l’autre côté de la route, où se dressait une silhouette noire tenant un marteau. Les habitants utilisaient cette référence visuelle pour s’orienter : « Tournez à droite vers l’homme noir », disaient-ils. Le nom est resté dans les mémoires, même lorsque le pub n’était pas officiellement identifié sous cette appellation.

Lorsque les parents de Roy ont pris les rênes, le Blackman Bar avait une réputation de pub rustique et fréquenté par une clientèle masculine. Ils ont alors décidé de changer l’atmosphère, en créant un lieu plus accueillant et convivial.

« C’était un pub pour hommes durs. En fait, ils l’ont fermé pendant quelques semaines et l’ont rouvert avec l’intention de changer l’atmosphère. Au fil du temps, ils y sont parvenus. »

Roy Healy, tenancier du Blackman Bar

Aujourd’hui, Roy considère son rôle davantage comme celui d’un gardien de traditions que comme celui d’un simple commerçant. Il met l’accent sur l’importance du lien social et de la solidarité au sein de la communauté.

« Vous vous occupez des gens. Vous vous inquiétez pour eux. Vous voyez leurs enfants grandir. Leurs enfants ramènent leurs parents ici des années plus tard. Cela devient générationnel. »

Roy Healy

Le Blackman Bar a également connu des moments de gloire inattendus, comme lorsqu’il a servi de décor à une publicité pour la bière Harp dans les années 1980. Une photographie de cette journée est encore exposée dans l’établissement, aux côtés d’une pinte de bière utilisée lors du tournage, qui a connu un destin particulier : un client l’a conservée pendant des années avant de la rapporter au pub.

Les murs du Blackman Bar sont un véritable témoignage de l’histoire locale. Des photos d’anciens clients, des peintures et des souvenirs sont affichés, créant une atmosphère chaleureuse et personnalisée. Les habitués disparus sont honorés par l’exposition de leur portrait, une manière discrète de préserver leur mémoire.

Bien que le pub ne serve plus de nourriture depuis le début des années 2000, il continue d’attirer une clientèle locale, principalement située à moins de 20 minutes à pied. Il offre une alternative à l’agitation de la ville, tout en étant de plus en plus entouré de nouveaux lotissements.

« Nous sommes toujours un pub de campagne, mais la ville s’agrandit autour de nous. Au cours des deux ou trois dernières années surtout, elle a vraiment commencé à mordre. »

Roy Healy

Roy est conscient des changements qui s’opèrent, mais reste optimiste quant à l’avenir du Blackman Bar. Son fils aîné travaille à temps partiel au pub, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’une nouvelle génération aux commandes.

« S’il veut le faire, tant mieux. Sinon, c’est bien aussi. Vous aimeriez voir le commerce se poursuivre, mais cela doit être leur choix. »

Roy Healy

Pour l’heure, Roy ne nourrit pas d’ambitions de transformation radicale. Il souhaite préserver l’âme du Blackman Bar, en misant sur l’essentiel : une cheminée chaleureuse, des conversations animées et, de temps en temps, un peu de musique.

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