Publié le 16 février 2026 à 22h05. Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a révélé un échange de messages surprenant avec l’ancien président américain Donald Trump, mettant en lumière les méthodes singulières de ce dernier et son obsession pour la reconnaissance internationale.
- Jonas Gahr Støre a tenté de désamorcer les tensions autour du Groenland par le dialogue avec Donald Trump.
- La réponse de Trump, cinglante, a mis en avant son ressentiment de ne pas avoir reçu le prix Nobel de la paix.
- Des réactions vives ont émergé au sein de la classe politique norvégienne suite à la divulgation de ces échanges.
Lors d’une interview accordée au magazine The Atlantic, Jonas Gahr Støre a relaté un épisode inhabituel survenu en janvier dernier. Alors qu’il rentrait d’un voyage au ski, il avait pris l’initiative d’envoyer un message à Donald Trump, dans le but de l’inciter à apaiser les tensions concernant le Groenland et à promouvoir une approche unifiée sur cette question. Ce message avait également été cosigné par Alexander Stubb, le président finlandais.
Deux heures plus tard, la réponse de l’ancien président américain s’est avérée pour le moins abrupte. Dans un SMS virulent, Trump a affirmé qu’il ne se sentait pas responsable de promouvoir la paix, puisqu’il n’avait pas été honoré du prix Nobel de la paix, tout en soulignant qu’il avait, selon ses dires, « mis fin à huit guerres ».
« Cela amène le débat à un niveau où nous ne résolvons pas les problèmes »,
Jonas Gahr Støre, Premier ministre norvégien
Interrogé par The Atlantic lors de la conférence sur la sécurité de Munich le week-end dernier, M. Støre a exprimé son désarroi face à cette réponse. Il a souligné que ce type d’échange ne favorise pas la résolution des conflits.
Trump a conclu son message par une série d’affirmations concernant le Groenland, insistant sur la nécessité pour les États-Unis d’exercer un « contrôle complet et total » sur l’île. M. Støre a confié qu’il n’avait pas été surpris par cette réaction, connaissant l’importance que l’ancien président accordait à la reconnaissance internationale, notamment à travers l’obtention du prix Nobel de la paix.
« Plusieurs fois je lui ai rappelé que ce n’était pas ma décision. Il s’agit d’un comité indépendant. Certains de mes conseillers ont dit que si le Premier ministre tentait de s’immiscer dans les travaux du comité Nobel, il devrait démissionner. Ce serait totalement inacceptable. »
Jonas Gahr Støre, Premier ministre norvégien
M. Støre a ajouté que Trump semblait incapable d’accepter cette explication. Il a également noté que l’ancien président américain était le seul à répondre à ses messages, l’actuel président Joe Biden ne l’ayant jamais fait.
La divulgation de ces échanges a suscité de vives réactions en Norvège. Lars Haltbrekken, du parti SV, a déclaré par SMS depuis les États-Unis, où il participait à un voyage avec la commission des affaires étrangères du Storting :
« Cela montre une fois de plus que le président des États-Unis est totalement imprévisible et qu’il a une vision du monde complètement déformée. Il n’est évidemment pas possible de discuter logiquement avec lui. »
Lars Haltbrekken, SV
M. Haltbrekken a appelé à une solidarité accrue avec les alliés européens et à un soutien indéfectible au peuple groenlandais. Bjørnar Moxnes, du parti Rødt, a quant à lui demandé à la Norvège de cesser de faire des concessions à l’ancien président américain.
« Ceci n’est qu’une autre preuve que Trump ne se soucie pas de la paix, qu’il est motivé par ses intérêts personnels et qu’il apparaît de plus en plus déshabillé et seul. Il faut maintenant mettre un terme aux gifles et à toutes les concessions que la Norvège et les pays européens ont accordées à Trump. La stratégie d’assujettissement a échoué. »
Bjørnar Moxnes, Rødt
L’article complet de The Atlantic revient sur l’obsession de Donald Trump pour le prix Nobel de la paix.