Home International « Je pourrais manger ce podium avec une fourchette et un couteau, je suis tellement en colère » : Kristen Stewart dénonce la négligence envers les cinéastes féminines | Kristen Stewart

« Je pourrais manger ce podium avec une fourchette et un couteau, je suis tellement en colère » : Kristen Stewart dénonce la négligence envers les cinéastes féminines | Kristen Stewart

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Publié le 2025-11-05 13:59:00. L’actrice et réalisatrice Kristen Stewart a dénoncé la « violence consistant à faire taire » les femmes dans l’industrie cinématographique, qu’elle juge en « état d’urgence », lors d’un déjeuner de l’Académie. Elle appelle ses consœurs à créer leur propre valeur plutôt que de se contenter de symboles.

  • Kristen Stewart dénonce le « silence imposé » aux réalisatrices et appelle à une émancipation concrète.
  • Son premier film, « The Chronology of Water », adaptation des mémoires de Lidia Yuknavitch, a été présenté à Cannes.
  • Des statistiques récentes soulignent la sous-représentation des femmes derrière la caméra, malgré des succès notables comme « Barbie ».

Lors d’un déjeuner organisé par l’Académie, l’actrice et réalisatrice Kristen Stewart a vivement critiqué la situation des femmes dans le milieu du cinéma. Elle a qualifié l’industrie de « filmée » par une « violence consistant à faire taire » les réalisatrices, un état d’urgence qui la met en colère. « Il est gênant de parler d’inégalité pour certaines personnes », a-t-elle déploré, ajoutant que si les écarts salariaux ou les taxes sur les protections hygiéniques sont quantifiables, la « violence du silence » est plus insidieuse. Elle a comparé cette situation à une incapacité même à exprimer sa colère, déclarant être tellement frustrée qu’elle pourrait « manger ce podium avec une fourchette et un putain de couteau ».

Stewart a également partagé son expérience personnelle, évoquant les huit années nécessaires pour concrétiser son projet passionné : une adaptation des mémoires de Lidia Yuknavitch, « The Chronology of Water ». Ce film, présenté en mai dernier au Festival de Cannes et prochainement distribué aux États-Unis, met en vedette Imogen Poots. L’actrice a expliqué que les écrits de Yuknavitch lui ont offert une voix pour exprimer des vérités qu’elle ressentait intuitivement, affirmant que « les dures vérités, lorsqu’elles sont exprimées à haute voix, deviennent des tremplins vers la liberté ». Elle a souligné l’importance de la « permission d’être désagréable, insalubre et de venir de l’intérieur » pour reconnaître et sortir de la « cage invisible » dans laquelle nous vivons.

Malgré la visibilité accrue des voix féminines depuis le mouvement #MeToo, Stewart a insisté sur le fait que l’industrie reste réticente face aux récits « non aseptisés ». Elle a témoigné des « bagarres à mains nues » rencontrées lorsque le contenu abordé est « trop sombre, trop tabou ». Elle a réitéré son appel à l’action : « Nous pouvons être fiers de nous, mais essayons de ne pas nous laisser symboliser. Commençons à imprimer notre propre monnaie. » Elle a conclu son discours en affirmant son soutien à ses consœurs et en les encourageant à continuer de créer de l’art face à ces défis.

Plusieurs personnalités du cinéma étaient présentes, notamment Tessa Thompson, Kate Hudson, Julia Louis-Dreyfus, Claire Foy, Kerry Condon, Patty Jenkins et Emma Mackey. La costumière Ruth Carter, première femme noire à avoir remporté deux Oscars (en 2023), a également pris la parole. Elle a rendu hommage à ses mentors, comme les réalisateurs Spike Lee et John Singleton, soulignant l’importance du mentorat et de la camaraderie pour faire sentir aux artistes qu’ils sont vus, crus et qu’ils ont leur place.

Les statistiques récentes confirment les préoccupations de Stewart. En 2023, la proportion de femmes réalisant les films américains les plus rentables a légèrement diminué, passant de 18 % à 16 %. Au Royaume-Uni, ce chiffre s’élevait à environ 13 % pour l’ensemble des réalisateurs de films. En Europe, la proportion est un peu plus élevée, aux alentours de 23 % tous films confondus. Une étude publiée l’année dernière a révélé un niveau historiquement bas pour la représentation féminine à l’écran dans le cinéma américain, avec seulement 30 des 100 meilleurs films réalisés ou codirigés par des femmes en 2024, contre 44 en 2022. Cette situation contraste avec le succès commercial phénoménal de « Barbie », réalisé par Greta Gerwig, qui a généré 1,4 milliard de dollars. Par ailleurs, Chloé Zhao et Kathryn Bigelow, déjà lauréates de l’Oscar de la meilleure réalisation, seraient pressenties pour de nouvelles nominations lors de la prochaine cérémonie pour leurs films « Hamnet » et « A House of Dynamite ».

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