Publié le 2025-10-19 19:00:00. Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, défend l’interconnexion économique avec la Chine, affirmant qu’elle renforce la sécurité nationale américaine, à l’encontre des critiques de Shyam Sankar, directeur technologique de Palantir.
- La théorie de la division du travail d’Adam Smith, appliquée aux échanges internationaux, suggère que l’importation renforce l’économie réceptrice.
- Huang considère que la croissance économique est le fondement de la force militaire, une vision partagée par les économies libérales.
- L’idée que la Chine utilise ses exportations pour affaiblir les États-Unis est considérée comme une contradiction, l’exportation dépendant de l’importation.
Lors d’un événement à la Maison Blanche le 30 avril 2025, Donald Trump a réuni des PDG pour mettre en avant les investissements en Amérique. C’est dans ce contexte que le débat sur les relations économiques sino-américaines a pris une tournure plus critique, notamment par le biais d’une critique publiée dans le *Wall Street Journal* à l’encontre des propos du PDG de Nvidia, Jensen Huang. Shyam Sankar, directeur technologique de Palantir, y argumente que des dirigeants d’entreprise comme Huang minimisent les intentions stratégiques de la Chine derrière son flux massif d’exportations vers les États-Unis.
Sankar soutient que le Parti communiste chinois perçoit la relation entre la Chine et les États-Unis comme une « grande lutte » pour la domination mondiale, où la prospérité de l’un ne peut se faire qu’au détriment de l’autre. Selon cette perspective, les exportations chinoises viseraient à créer une dépendance des États-Unis, voire à les affaiblir. Il cite notamment la rétention potentielle de minéraux de terres rares comme un exemple de cette stratégie.
Cependant, l’analyse économique fondamentale, incarnée par des figures comme Adam Smith et Henry Ford, met en lumière les bénéfices de la division du travail, une logique qui, selon Jensen Huang, s’étend au-delà des frontières nationales. En effet, Huang estime que l’interconnexion économique avec la Chine est un impératif de sécurité nationale pour les États-Unis, car « Si nous pouvons croître économiquement, nous serons forts militairement ». Cette perspective suggère que la force économique, alimentée par des échanges commerciaux bénéfiques, se traduit inévitablement par une puissance militaire accrue.
L’argument de Sankar selon lequel la Chine cherche à rendre les États-Unis dépendants par ses exportations est, selon cette analyse, contradictoire. L’exportation chinoise étant intrinsèquement liée à la capacité des autres pays à importer, une stratégie visant à affaiblir les importateurs reviendrait à saboter son propre modèle économique. De même, l’idée que Pékin utilise ses subventions industrielles pour évincer des concurrents est interprétée comme une politique vouée à l’échec, car les dépenses publiques excessives tendent à fragiliser l’économie bénéficiaire plutôt qu’à la renforcer.
Sankar déplore également les investissements massifs des entreprises américaines en Chine, qui auraient contribué à en faire une puissance économique. Pourtant, cette observation peut être vue sous un angle optimiste : elle suggère que la Chine s’est éloignée de son modèle communiste grâce à l’attraction des capitaux, le communisme étant considéré comme un frein au développement économique. Plus fondamentalement, les exportations sont vues comme une forme d’investissement qui, tout comme l’investissement direct, permet l’acquisition de ressources nécessaires à une productivité accrue.
En définitive, l’interconnexion économique entre les États-Unis et la Chine est présentée comme une relation mutuellement bénéfique qui renforce la prospérité des deux nations. Bien que cela ait des implications militaires, cette interdépendance est également perçue comme un puissant facteur de dissuasion contre un conflit ouvert. C’est cette vérité, que Shyam Sankar semble ignorer, que Jensen Huang a raison de souligner : « Il pourrait être nous et eux ». Cette voie de collaboration est celle de la prospérité et de la paix.