Donald Trump s’apprête à participer, pour la première fois en tant que président, au dîner annuel de l’Association des correspondants de la Maison Blanche ce week-end. Entre l’attente moqueuse des animateurs de talk-shows et la colère d’une partie du corps journalistique, l’événement s’annonce électrique.
Le président met fin à un boycott de plusieurs années pour rejoindre une tradition qui remonte à 1924, année où le président Calvin Coolidge y avait assisté. Si le conseil d’administration de l’Association des correspondants de la Maison Blanche (WHCA) se félicite de ce retour, l’invitation divise profondément le milieu des médias.
Côté divertissement, les animateurs de programmes nocturnes ont déjà commencé à satiriser l’événement. Ils ont notamment imaginé un « roast » alternatif et sont revenus sur les menaces erratiques proférées par Donald Trump concernant l’Iran.
Toutefois, pour nombre de professionnels de l’information, cette présence est perçue comme une provocation. Plus de 250 journalistes chevronnés, dont d’anciens présentateurs comme Dan Rather, Ann Curry et Sam Donaldson, ainsi que des organisations comme la Society of Professional Journalists et la National Association of Black Journalists, ont exhorté la WHCA à manifester son opposition.
« Ce ne sont pas des temps normaux, et nous ne pouvons pas faire comme si tout était normal alors que la presse se lève pour applaudir l’homme qui les attaque quotidiennement. »
Lettre ouverte de plus de 250 journalistes
Les signataires décrivent les actions de l’administration Trump contre la presse au cours de l’année écoulée comme l’assaut le plus systématique et le plus complet mené par un président américain contre la liberté d’informer. Ils considèrent que la présence du président à cette soirée, dédiée au Premier amendement, constitue une « contradiction profonde » de l’objectif même de l’événement.