Publié le 17 février 2026 01:46:00. Le nouveau président chilien, José Antonio Kast, a exprimé son opposition à l’aide humanitaire envoyée par le gouvernement de Gabriel Boric à Cuba, alors que l’île est confrontée à une grave crise énergétique et à des pénuries de carburant.
- José Antonio Kast critique l’aide financière chilienne au gouvernement cubain, qu’il accuse d’avoir instauré une dictature.
- Le gouvernement de Gabriel Boric a alloué 1 million de dollars américains (environ 925 000 euros) via le Fonds chilien contre la faim et la pauvreté, acheminé par l’Unicef.
- La crise cubaine est exacerbée par le blocus pétrolier imposé par les États-Unis.
L’arrivée au pouvoir de José Antonio Kast, figure de la droite chilienne, marque un tournant dans la politique étrangère du pays, notamment en ce qui concerne son approche de Cuba. Dès sa première intervention publique après les vacances, le président élu a clairement affiché son désaccord avec la décision de son prédécesseur, Gabriel Boric, d’apporter une aide humanitaire à l’île.
« Je ne suis pas d’accord avec l’octroi d’une aide financière directe à un gouvernement qui a généré une dictature pendant plus de 60 ans et cela a mis le peuple cubain dans une situation très désavantagée et inhumaine », a déclaré José Antonio Kast lors d’une conférence de presse. Il estime que le véritable obstacle au développement de Cuba réside dans l’absence de libertés entrepreneuriales et d’accès à la technologie.
La semaine précédente, le gouvernement de Gabriel Boric avait annoncé l’allocation d’un million de dollars américains (environ 925 000 euros) à Cuba, via le Fonds chilien contre la faim et la pauvreté, avec l’Unicef comme intermédiaire. Face aux critiques de l’opposition et de certains démocrates-chrétiens, le ministre des Affaires étrangères, Alberto Van Klaveren, avait défendu cette initiative, insistant sur le fait que l’aide n’était pas destinée au gouvernement cubain ni au Parti communiste cubain, mais visait à répondre à un « drame humanitaire ».
« Ce n’est pas (une aide) pour le gouvernement de Cuba, ce n’est pas (une aide pour le Parti communiste de Cuba) »
Alberto Van Klaveren, ministre des Affaires étrangères
Le Chili avait déjà apporté une aide humanitaire à l’Ukraine, à Gaza et à Cuba après le dernier ouragan de 2025, grâce à ce fonds spécial. La décision chilienne s’inscrit dans un contexte régional où le Mexique et le Brésil ont également manifesté leur soutien à Cuba.
La crise actuelle à Cuba est principalement due à une grave pénurie de carburant, aggravée par la pression accrue de Washington. L’intervention au Venezuela et l’ordonnance présidentielle américaine du 29 janvier imposant des droits de douane sur les fournisseurs de carburant à Cuba ont exacerbé une crise énergétique qui dure depuis mi-2024, entraînant des coupures d’électricité fréquentes et record. Cette pénurie a même conduit à des suspensions temporaires de vols vers La Havane par des compagnies aériennes canadiennes et russes, qui ont dû évacuer leurs ressortissants bloqués sur l’île.
La question cubaine est un sujet sensible au sein de la coalition gouvernementale de Gabriel Boric. Le président sortant, qui avait autrefois défendu le castrisme, a fini par qualifier le régime cubain de « dictature », une position qui crée des tensions avec le Parti communiste chilien (PC), un partenaire de coalition.