Publié le 2 novembre 2025. Des organisations caritatives liées au Hezbollah utiliseraient des plateformes de paiement numérique libanaises pour collecter des fonds et contourner les sanctions américaines, selon une enquête du Financial Times. Ces associations, inscrites sur les listes de sanctions américaines, semblent exploiter des portefeuilles électroniques personnels pour recevoir des dons.
- Des sociétés libanaises comme « Wish Money » et « OMT » seraient utilisées comme intermédiaires pour la collecte de fonds.
- Des associations telles que la Fondation des martyrs et la Fondation des blessés demanderaient aux donateurs d’envoyer de l’argent vers des portefeuilles d’individus.
- Ce mécanisme vise à dissimuler le lien entre les donateurs et les entités sanctionnées, échappant ainsi aux contrôles financiers.
Une enquête du journal britannique Financial Times révèle que des organisations caritatives liées au Hezbollah, figurant sur les listes de sanctions américaines, auraient recours à des sociétés locales de paiement numérique. L’objectif serait de recueillir des dons et de transférer des fonds dans le but présumé de contourner les sanctions internationales et les régulations relatives au financement du terrorisme.
Selon les informations recueillies, des entreprises libanaises telles que « Wish Money » et « OMT » serviraient de canaux pour la collecte de dons et le transfert d’argent au profit de ces associations. L’enquête détaille que plusieurs organisations affiliées au réseau du Hezbollah, parmi lesquelles la Fondation des martyrs, la Fondation des blessés, ainsi que la Société islamique Imdad (branche libanaise de la Fondation de secours de l’Imam Khomeini), solliciteraient les donateurs pour qu’ils acheminent les fonds vers des portefeuilles électroniques privés, plutôt que vers des comptes officiels au nom des associations. Ces transferts s’effectueraient via les applications de « Wish Money » et « OMT » opérant à Beyrouth.
Des employés de trois succursales distinctes de « Wish Money » ont confirmé au journal que les portefeuilles électroniques mis à disposition par ces associations étaient actifs et effectivement utilisés pour la réception de virements. Ce montage permettrait de réduire la visibilité des flux financiers vers les entités sanctionnées. En transférant les fonds vers des particuliers non inscrits sur les listes de sanctions, le lien avec les associations interdites serait moins facilement identifiable, permettant ainsi de déjouer les systèmes de vérification d’identité et d’examen financier associés aux régimes de sanctions.
Des preuves financières et des documents consultés par le Financial Times, incluant des reçus de transferts de dollars depuis l’étranger, ont corroboré ces opérations. Il est notamment fait état d’une partie des fonds envoyée de la République démocratique du Congo vers le Liban via RIA, partenaire international de « Wish Money ». Ces sommes auraient ensuite été reçues par des individus liés à la Société islamique Imdad, avant que cette dernière n’émette des reçus de don correspondant aux montants perçus.