Publié le 8 février 2024 12:31:00. Un journaliste spécialisé dans les affaires criminelles bulgare déplore l’hystérie collective et les théories du complot qui ont suivi un triple meurtre à Petrokhan, affirmant avoir refusé de participer à une couverture médiatique sensationnaliste.
- Le journaliste est convaincu qu’Ivaylo Kalushev est responsable de la mort des trois hommes retrouvés dans une cabane à Petrokhan.
- Il critique l’engouement du public pour les spéculations et les théories conspirationnistes, comparant cela à une « hystérie ».
- Il souligne le rôle d’un psychiatre légiste dont les conclusions initiales n’ont pas été retenues par l’opinion publique.
Un journaliste bulgare, fort de 31 années d’expérience dans la couverture des faits divers, s’est dit consterné par la réaction médiatique et publique suite au triple meurtre survenu dans une cabane à Petrokhan. Il révèle avoir décliné une quinzaine d’invitations de chaînes de télévision et de radio pour commenter l’affaire, estimant dès le départ qu’Ivaylo Kalushev était l’instigateur de la tragédie et qu’il serait retrouvé décédé avec les victimes.
Selon lui, de nombreux éléments pointaient dans cette direction : des messages envoyés à sa mère, sa dernière publication sur Facebook, ainsi que des traits de personnalité spécifiques. Sa disparition immédiate après le triple meurtre a également renforcé ses convictions. Le journaliste estime que les trois hommes se sont suicidés sous l’influence de Kalushev, qu’il qualifie d’incitation, sans pour autant utiliser le terme « secte ».
Un psychiatre légiste de Pleven avait, selon lui, fourni une explication claire et concise quatre jours après l’incident, mais ses conclusions n’ont pas trouvé écho auprès du public. Le journaliste pointe du doigt une tendance à l’anxiété, à la colère et à la recherche d’explications conspirationnistes, qu’il attribue à une « amygdale hyper-développée » chez certains individus. Il déplore un niveau d’hystérie et d’enthousiasme qu’il n’a jamais rencontré au cours de sa carrière.
Il critique également la propension du public à se considérer comme des experts en médecine légale et en profilage criminel, citant en exemple les nombreuses théories qui ont émergé, allant de l’implication de réseaux criminels à des complots plus complexes. Il évoque l’affaire de la disparition de Sashko à Pernik, où un criminel avait avancé trois hypothèses successives (kidnapping, décès de l’enfant, implication du père) avant que la vérité ne soit révélée, soulignant ainsi la dangerosité des spéculations hâtives.
Le journaliste conclut en regrettant que les médecins légistes continuent d’être sollicités pour commenter chaque affaire dans les médias, alimentant ainsi le cycle de l’information sensationnaliste et de la désinformation.