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Karim Aïnouz sur l’éviscération des super riches dans la « taille des rosiers »

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Publié le 16 février 2024. Le nouveau film de Karim Aïnouz, Taille du rosier, plonge au cœur d’une famille américaine ultra-riche et dysfonctionnelle, explorant les thèmes du privilège, du patriarcat et de la violence à travers une satire mordante et décalée.

  • Le film, présenté en première mondiale à Berlin, s’inspire de la pièce de théâtre Les poings dans la poche de Marco Bellocchio.
  • Un casting prestigieux composé de Riley Keough, Callum Turner, Jamie Bell, Elle Fanning et Pamela Anderson donne vie à cette histoire sombre et captivante.
  • Karim Aïnouz décrit le film comme une trilogie explorant la toxicité masculine, après Brandon et Destination Motel.

Avec Taille du rosier, le réalisateur brésilien Karim Aïnouz (Brandon, Destination Motel) signe une satire radicale des super-riches, plus audacieuse que des œuvres comme Triangle de tristesse ou Brûlure de sel. Le film dépeint une famille américaine aisée, installée dans une villa espagnole, où les apparences cachent des secrets sombres et des tensions explosives.

L’histoire se concentre sur Anna (Riley Keough) et son frère Robert (Lukas Gage), dont les pulsions incestueuses et le comportement à la limite du trouble interrogent les fondements de cette famille. Leur père (Tracey Letts), un tyran autoritaire et abusif, domine l’atmosphère, tandis que le frère aîné, Jack (Jamie Bell), semble incarner une forme de normalité fragile, marquée par des traumatismes profonds. L’arrivée de Martha (Elle Fanning), la petite amie de Jack, et la découverte progressive de la vérité sur la mort de leur mère (Pamela Anderson) vont précipiter la famille dans une spirale de violence et de révélations.

Dans une interview accordée à The Hollywood Reporter, Karim Aïnouz explique que l’étincelle initiale du film est née pendant la pandémie.

« Nous avons commencé à écrire le scénario pendant la pandémie. J’étais vraiment intéressé à faire un film contenu. Et j’ai fait de nombreux films sur les familles, mais je n’en ai jamais vraiment fait sur une famille blanche privilégiée. J’ai pensé que ce serait intéressant qu’une pièce d’ensemble se déroule principalement dans une seule maison et parle d’un sujet dont je n’avais jamais parlé. »

Karim Aïnouz, réalisateur

Le réalisateur a également souligné son intérêt pour l’exploration de la masculinité et des figures paternelles.

« L’autre chose qui m’est venue à l’esprit, c’est que j’ai fait pas mal de films avec des protagonistes féminines, et j’ai pensé que ce serait intéressant de changer d’angle et de parler de masculinité, de figure paternelle. »

Karim Aïnouz, réalisateur

S’inspirant de Les poings dans la poche (1965) de Marco Bellocchio, le film explore les thèmes du privilège, du patriarcat et de l’isolement. Aïnouz a également mentionné l’influence de films tels que Théorème (1968) de Pier Paolo Passolini et Le tueur (2011) de William Friedkin.

« J’ai changé le personnage principal [de Les poings dans la poche] à un père, et non à une mère, pour me permettre d’explorer ces thèmes du privilège, du patriarcat et de l’isolement, qui sont en quelque sorte la conséquence de l’extrême richesse de cette famille. »

Karim Aïnouz, réalisateur

Le réalisateur voit ce film comme une étape dans une trilogie explorant la toxicité masculine, après Brandon et Destination Motel.

« Pour vous donner un contexte plus large, j’avais réalisé un film au Royaume-Uni il y a quelques années, Brandon (2023) qui parlait d’Henri VIII, et j’ai réalisé un film il y a quelques années au Brésil sur ce personnage masculin toxique et venimeux, appelé Destination Motel (2024). Pour moi, ce film fait partie de cette trilogie, d’hommes vraiment venimeux, mais aussi très, très normaux. »

Karim Aïnouz, réalisateur

Aïnouz insiste sur l’importance de l’humour noir et de la satire pour aborder des sujets aussi sérieux.

« Cela est venu en essayant de trouver comment parler d’un sujet aussi sérieux d’une manière qui continuerait à impliquer le public. Tout ce que je vous ai dit jusqu’à présent est assez théorique. La question était de savoir comment faire un film que les gens viendront réellement voir ? »

Karim Aïnouz, réalisateur

Il espère que son film, en brisant les codes et en explorant l’absurdité, pourra susciter une réflexion sur les inégalités et les cycles de violence.

« J’essayais non seulement de faire une critique du privilège, mais aussi de proposer de nouvelles possibilités. Il existe un cycle de violence, et parfois la violence ne peut prendre fin que par la violence. Nous avons donc la métaphore de la taille du rosier, où si les gens sont des roses, les familles sont des rosiers, et un rosier a besoin d’être taillé. »

Karim Aïnouz, réalisateur

Le casting international, composé de talents confirmés et de nouvelles voix, a été un élément clé de la vision du réalisateur.

« L’autre chose dont j’avais besoin était d’avoir un ensemble prêt à passer beaucoup de temps ensemble, en Espagne, à répéter. J’avais donc besoin d’acteurs prêts à venir collaborer, comme pour monter une pièce de théâtre. »

Karim Aïnouz, réalisateur

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