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Kathy Hochul est la vraie perdante de la course à la mairie de New York

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Zohran Mamdani élu maire de New York : un nouveau défi s’annonce pour la gouverneure Kathy Hochul. Après une campagne électorale particulièrement animée, la ville de New York a un nouveau maire en la personne de Zohran Mamdani, qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2026. Si les perdants officiels, Andrew Cuomo et Curtis Sliwa, sont connus, le véritable perdant pourrait bien être la gouverneure de l’État, Kathy Hochul, dont le nom n’apparaissait pas sur les bulletins de vote.

L’histoire politique de l’État de New York suggère que le principal rival d’un gouverneur new-yorkais est souvent le maire de la métropole. Bien que Kathy Hochul et Zohran Mamdani soient tous deux issus du Parti démocrate et que la gouverneure ait fini par soutenir la candidature de Mamdani, une rivalité politique acérée pourrait éclore entre eux, compliquant encore davantage une campagne de réélection déjà périlleuse pour Hochul.

Un historique de tensions entre Albany et Gotham

La relation entre la capitale de l’État, Albany, et sa plus grande ville, New York, a toujours été complexe. Le gouverneur exerce une influence majeure sur les institutions qui façonnent la vie des New-Yorkais, comme la Metropolitan Transit Administration (MTA) ou la City University of New York (CUNY). Le maire, en revanche, joue un rôle plus en retrait dans la gestion de ces entités. Ces déséquilibres de pouvoir, tant juridiques que gouvernementaux, expliquent pourquoi les gouverneurs et les maires, même issus du même parti et partageant la même orientation idéologique, se retrouvent fréquemment en conflit.

L’histoire récente de l’État de New York est jalonnée d’exemples de relations tumultueuses entre Albany et Gotham.

Nelson Rockefeller et John Lindsay : une alliance sous tension

À première vue, le gouverneur Nelson Rockefeller et le maire John Lindsay auraient dû être des alliés naturels. Tous deux républicains, progressistes et issus de milieux aisés, ils bénéficiaient d’un soutien national. Pourtant, leur relation fut marquée par des désaccords constants et des prises de bec publiques. Un épisode notable fut la proposition de Rockefeller de saisir le département de la salubrité de la ville pour mettre fin à une grève, une initiative que Lindsay jugeait inacceptable.

Bien qu’ayant débuté sa carrière politique sous la bannière républicaine, Lindsay fut réélu maire en tant que candidat du Parti libéral et devint démocrate durant son second mandat.

Mario Cuomo et Ed Koch : une rivalité acharnée

La rivalité entre Lindsay et Rockefeller paraît secondaire au regard de celle qui opposa le gouverneur Mario Cuomo et le maire Ed Koch. Leur première confrontation eut lieu lors de la primaire démocrate pour la mairie de New York en 1977. Dans une campagne à plusieurs candidats, Koch, un représentant démocrate centriste de Manhattan, battit le plus progressiste Cuomo, originaire du Queens et alors secrétaire d’État de New York. Bien qu’il ait perdu la primaire, Cuomo se présenta en candidat indépendant et rendit la course à la mairie beaucoup plus serrée que prévu, malgré la victoire finale de Koch.

La primaire de 1977 ne fut que le début de leur inimitié. En 1982, Koch et le alors lieutenant-gouverneur Cuomo s’affrontèrent lors de la primaire démocrate pour le poste de gouverneur. Koch avait le soutien du comité démocrate de l’État, mais Cuomo remporta la primaire d’une courte tête. Il fut ensuite élu gouverneur et effectua trois mandats, tandis que l’animosité entre les deux hommes perdura tout au long de leurs carrières publiques.

George Pataki et Rudy Giuliani : un républicain contre un autre

La relation entre George Pataki, le dernier gouverneur républicain de New York, et Rudy Giuliani, le maire de New York de 1994 à 2001, fut également très conflictuelle. Les tensions débutèrent avant même que Pataki ne prenne ses fonctions, Giuliani ayant soutenu Andrew Cuomo (alors gouverneur) pour sa réélection contre Pataki. Pataki remporta l’élection, mais la relation avec Giuliani ne s’améliora jamais.

Lorsque Giuliani envisagea de se présenter au Sénat américain en 2000, Pataki afficha une neutralité, mais beaucoup estimaient qu’il préférait le député Rick Lazio comme candidat républicain. Giuliani renonça finalement à la course pour des raisons de santé ; Lazio devint le candidat républicain, mais fut battu par Hillary Clinton lors de l’élection générale.

Andrew Cuomo et Bill de Blasio : des divergences profondes

Peut-être aucune relation gouverneur-maire n’a été aussi tendue ces dernières décennies que celle entre Andrew Cuomo et Bill de Blasio. Leurs carrières s’étaient croisées bien avant qu’ils n’atteignent leurs fonctions respectives. En tant qu’administrateur régional pour le département américain du Logement et du Développement urbain (HUD) sous l’administration Clinton, de Blasio avait travaillé pour le secrétaire du HUD de l’époque, Andrew Cuomo.

Après son élection à la mairie de New York en 2013, de Blasio a mis en place une administration résolument progressiste, ce qui n’a jamais vraiment plu à Cuomo, plus centriste. Les deux hommes se sont opposés sur de nombreux sujets, des impôts au financement de la MTA en passant par la politique de logement. Leur affrontement le plus virulent et le plus public eut lieu au début de la pandémie de COVID-19, lorsqu’ils se sont disputé le pouvoir de décider de la fermeture des écoles.

L’animosité entre Cuomo et de Blasio a refait surface lors de la course à la mairie de New York en 2025. De Blasio est apparu comme un soutien majeur de son homologue de gauche, Zohran Mamdani. Avant même que Mamdani ne batte Cuomo lors de la primaire démocrate, de Blasio avait déclaré qu’il ne pensait pas que Cuomo devrait être maire.

Un futur potentiellement conflictuel pour Hochul

À l’instar de Rockefeller, Pataki et des deux Cuomo, Kathy Hochul devra probablement composer avec un nouveau maire de New York avec lequel elle sera en désaccord. Ce conflit potentiel entre l’État et la ville pourrait bien compromettre la réélection de la gouverneure, déjà impopulaire, en 2026.

Bien que Hochul ait apporté son soutien à la candidature du démocrate socialiste Mamdani, cet appui est arrivé tardivement et semblait hésitant. Hochul a débuté sa carrière politique en tant que démocrate modérée de la banlieue de Buffalo et n’a jamais été particulièrement appréciée par les progressistes et les socialistes démocrates proches de Mamdani. Une grande partie du programme de ce dernier nécessitera l’approbation d’Albany pour être mise en œuvre.

Hochul, face aux électeurs l’année prochaine, approuvera-t-elle les propositions fiscales et de logement plus progressistes de Mamdani ? La plupart des experts en doutent. Cependant, une chose est certaine : si la gouverneure semble faire obstacle aux initiatives du nouveau maire, celui-ci et ses alliés feront payer un prix politique à Hochul. Le prestige inhérent au poste de maire, au-delà des divergences politiques probables, fait de Mamdani un rival naturel pour Hochul. L’histoire suggère que le nouveau maire de New York ne fera qu’aggraver les problèmes politiques de la gouverneure.

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