Publié le 2025-10-07 08:58:00. L’Ukraine affirme avoir réussi à porter un coup à la « capacité offensive » de la Russie, notamment en ciblant une usine d’explosifs. Pendant ce temps, des tensions diplomatiques montent alors que la Russie menace de représailles face aux discussions européennes sur l’utilisation des avoirs gelés, tandis que le chef de la CDU met en garde contre une « guerre hybride » menée par Moscou contre l’Allemagne.
- Selon Kyiv, des frappes ukrainiennes ont visé une usine d’explosifs russe et un terminal pétrolier en Crimée.
- La Russie rapporte avoir abattu 184 drones ukrainiens dans la nuit, sans préciser les dégâts.
- Le dirigeant de la CDU, Friedrich Merz, met en garde contre une « guerre hybride » russe contre l’Allemagne et affirme que Poutine est un « ennemi de notre ordre politique ».
Les autorités ukrainiennes revendiquent des succès notables dans leur stratégie visant à affaiblir la capacité de la Russie à mener des offensives. L’état-major ukrainien a notamment rapporté des attaques nocturnes réussies contre une usine d’explosifs située dans l’ouest de la Russie et un terminal pétrolier en Crimée. L’usine de Sverdlov, décrite comme l’un des plus grands producteurs d’explosifs russes, est accusée de produire une large gamme de munitions, y compris des obus d’aviation et d’artillerie, ainsi que des bombes aériennes guidées. L’objectif de ces opérations, selon Kyiv, est de « limiter sa capacité à mener des attaques par missiles et à la bombe ».
Ces actions interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques accrues. Le groupe parlementaire BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht) en Allemagne a provoqué des critiques de la part de la CDU et des Verts, ainsi que du scepticisme du SPD, pour avoir invité l’ambassadeur russe Sergueï Nechaev à l’inauguration d’une exposition à Potsdam. Le SPD, par la voix de son chef de groupe Björn Lüttmann, a marqué sa distance, affirmant qu’une telle invitation n’aurait pas été envisagée « à l’heure actuelle », en raison de la guerre menée par la Russie en Ukraine.
Parallèlement, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a renouvelé ses appels à l’Occident pour un soutien renforcé, notamment en matière de défense aérienne. Il dénonce par ailleurs la persistance de livraisons de composants occidentaux à la Russie, utilisés dans la fabrication de missiles et de drones, et qui, selon lui, proviennent d’entreprises en Allemagne, aux États-Unis, en Chine, à Taïwan et au Royaume-Uni. « Si les pays concernés arrêtent les livraisons ouvertement scandaleuses de composants essentiels […], la menace russe sera considérablement réduite », a-t-il déclaré.
Sur le plan militaire, la Russie a affirmé avoir abattu 184 drones ukrainiens au cours de la nuit, selon son ministère de la Défense, sans toutefois fournir de détails sur d’éventuels dommages ou les cibles visées. De son côté, l’Ukraine rapporte qu’une raffinerie de pétrole russe à Kirichi a dû interrompre la production de son unité principale suite à une attaque de drone, ce qui pourrait affecter la production pétrolière russe. Par ailleurs, des coupures de courant ont été signalées dans certaines parties de la région de Donetsk suite à des frappes russes sur les infrastructures énergétiques.
Les discussions se poursuivent également concernant l’utilisation des avoirs russes gelés pour soutenir l’effort de guerre ukrainien. La Commission européenne a suggéré d’utiliser près de 140 milliards d’euros des actifs de la Banque centrale russe pour armer l’Ukraine. Moscou a fermement mis en garde contre de telles mesures, menaçant de « mesures de représailles » d’une « réaction dure », selon les termes du vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grushko. Une décision concrète pourrait être prise lors du prochain Conseil européen.
Le président Zelensky a également fait allusion à l’utilisation de son nouveau missile ukrainien à longue portée « Flamingo », affirmant que l’Ukraine utilisait « exclusivement des produits ukrainiens » lors de récentes attaques. La portée de ce missile pourrait atteindre 3 000 kilomètres, selon des rapports.
Le chef de la CDU, Friedrich Merz, a exprimé sa préoccupation face à l’escalade des incidents de drones en Europe, déclarant : « Nous connaissons la menace. Poutine veut intimider et semer la peur. » Il a ajouté : « Nous ne nous laisserons pas intimider et nous nous défendrons efficacement contre cette menace. » Interrogé sur la possibilité d’appeler directement Vladimir Poutine, Merz a répondu qu’il y réfléchissait, mais constate que « toute tentative de lui parler se termine par des attaques encore plus sévères contre l’Ukraine ».
Les médias américains ont rapporté que l’administration de l’ancien président Donald Trump envisageait de fournir des missiles Tomahawk à Kyiv, une perspective qui, selon Vladimir Poutine, pourrait entraîner une « étape d’escalade absolument nouvelle et qualitativement nouvelle » dans les relations russo-américaines.