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La Banque de Thaïlande maintient son taux d’intérêt directeur à 1,5 %.

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La Banque de Thaïlande a maintenu son taux directeur à 1,5%, malgré une divergence d’opinions au sein de son comité de politique monétaire. Cette décision vise à soutenir une reprise économique encore fragile, tandis que les perspectives s’annoncent mitigées pour les années à venir.

Une pause monétaire face à une reprise incertaine

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque de Thaïlande a opté pour la prudence lors de sa dernière réunion, reconduisant son taux d’intérêt directeur à 1,5%. Cette décision, adoptée par 5 voix contre 2, témoigne d’une division palpable au sein de l’institution. Deux membres avaient pourtant plaidé pour une baisse du taux à 1,25%, signe d’une volonté de relancer plus activement l’économie.

La justification du CPM pour ce statu quo repose sur l’idée qu’une politique monétaire accommodante reste nécessaire pour soutenir la dynamique de reprise économique en cours. Les membres estiment que les effets des baisses de taux précédentes se font encore sentir et continuent de se diffuser dans l’économie. Le comité a également tenu à souligner les marges de manœuvre politique devenues limitées, insistant sur l’importance du bon « timing » et de l’efficacité des mesures monétaires.

Perspectives économiques : entre croissance attendue et défis persistants

Les prévisions économiques pour la Thaïlande dessinent un tableau contrasté. L’économie nationale devrait connaître une croissance en 2025 et 2026, globalement conforme aux estimations antérieures. Le pays est ainsi attendu à une croissance de 2,2% en 2025 et de 1,6% en 2026. La première moitié de 2025 devrait être portée par le secteur manufacturier et les exportations vers les États-Unis. Cependant, la seconde moitié de l’année et l’année 2026 sont susceptibles d’enregistrer un certain ralentissement, en raison des répercussions des politiques commerciales américaines.

Les exportations commencent à ressentir les effets des politiques commerciales menées par les États-Unis. Le tourisme et la demande intérieure, bien qu’ayant ralenti, devraient connaître un redressement progressif. La consommation privée devrait croître de manière modérée, soutenue par les mesures de relance gouvernementales. Les exportations de produits électroniques, quant à elles, devraient maintenir une trajectoire de croissance.

Les principaux points de vigilance identifiés par le comité incluent l’impact des tarifs douaniers américains, l’exécution des décaissements budgétaires par le gouvernement, ainsi que les défis d’adaptation auxquels sont confrontées les petites et moyennes entreprises (PME). Ces dernières doivent composer avec une concurrence accrue, des difficultés d’accès au crédit et des coûts de financement plus élevés, particulièrement pour les emprunteurs à plus haut risque, les PME et les ménages à faibles revenus.

Une inflation proche de zéro mais sous surveillance

L’inflation globale devrait se situer dans une fourchette très basse, entre 0,0 et 0,5% pour 2025-2026. Elle est attendue de retour dans la cible de la banque centrale début 2027. Cette décélération s’explique principalement par des facteurs liés à l’offre, tels que la baisse des prix mondiaux du pétrole et des produits alimentaires bruts. Les risques de déflation sont jugés faibles, la plupart des prix demeurant stables ou en légère hausse. L’inflation sous-jacente est projetée à 0,9% pour 2025-2026, les attentes du secteur privé étant en ligne avec les objectifs. Le CPM se montre attentif à l’évolution des prix afin de détecter tout signe de risque déflationniste.

Conditions de crédit : un accès resserré

Suite aux baisses antérieures des taux directeurs, les taux d’intérêt au sein du système bancaire et sur les marchés financiers ont diminué. Cependant, la croissance globale du crédit reste contractée. Ce phénomène est attribué à un affaiblissement de la demande de la part des grandes entreprises, dans un contexte d’incertitude économique. Les remboursements de dettes se poursuivent, et les pratiques de prêt restent prudentes, notamment envers les emprunteurs jugés à risque, tels que les PME et les ménages à faibles revenus.

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