Home Divertissement La Berlinale réussit son ouverture avec le merveilleux ‘No good men’, une comédie romantique en pleine domination talibane | Le cinéma en SER

La Berlinale réussit son ouverture avec le merveilleux ‘No good men’, une comédie romantique en pleine domination talibane | Le cinéma en SER

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Publié le 12 février 2026 20:27:00. La Berlinale a pris un départ réussi avec la projection de « Pas de bons hommes », une comédie romantique audacieuse qui offre un regard nuancé sur l’Afghanistan sous le régime taliban, loin des clichés habituels.

  • Le film d’ouverture, réalisé par Shahrbanoo Sadat, explore les thèmes de l’amour, de la politique et de l’humour dans un contexte difficile.
  • L’œuvre se distingue par son approche réaliste et son refus du sensationnalisme, tout en abordant des sujets sensibles comme la corruption et les droits des femmes.
  • Le film a été tourné en Allemagne avec une communauté afghane, recréant un Kaboul disparu grâce à une conception de production soignée.

La 74e édition de la Berlinale, qui s’est ouverte ce jeudi, suscite des interrogations quant à sa programmation. Certains critiques prédisent une édition moins prestigieuse que les précédentes, marquée par une sélection plus indépendante et une présence réduite de films anglophones. Pourtant, le choix du film d’ouverture, « Pas de bons hommes », a d’ores et déjà surpris et séduit, offrant un vent de fraîcheur et d’originalité.

« Pas de bons hommes », premier long métrage de Shahrbanoo Sadat, fille de réfugiés afghans, est une comédie romantique dramatique qui se déroule en Afghanistan sous le contrôle des talibans. Le film suit l’histoire d’une femme travaillant comme caméraman pour une chaîne de télévision à Kaboul, confrontée à des dilemmes personnels et professionnels. Elle doit jongler avec une séparation difficile, la garde de son fils et un nouveau travail qui la met en contact avec un journaliste influent.

Le film se démarque par son mélange subtil de romance, de politique et d’humour, tout en adoptant une esthétique proche du cinéma vérité. Cette approche, moins fréquente dans le cinéma afghan contemporain, permet de dépeindre une réalité complexe et nuancée, loin des représentations stéréotypées de la violence et de la souffrance. Bien que le ton puisse parfois évoquer celui d’un téléfilm, cette intention est délibérée, visant à rapprocher le spectateur occidental de la réalité afghane.

Le film aborde également des thèmes plus larges, tels que la corruption, les inégalités de genre et les défis de la démocratie en Afghanistan. Il critique le gouvernement précédent, accusé de ne pas avoir protégé les droits des femmes et de ne pas avoir réussi à éradiquer la corruption. L’histoire d’amour entre les deux journalistes sert de fil conducteur pour explorer ces enjeux politiques et sociaux, à travers des scènes de vie quotidienne, des interviews et des reportages.

Shahrbanoo Sadat a déclaré :

« Ma vie n’est pas un drame de guerre tous les jours. Il y a beaucoup d’humour et beaucoup de comédie. »

Shahrbanoo Sadat, réalisatrice

Elle explique vouloir montrer la vie quotidienne en Afghanistan, où les gens continuent de vivre, d’aimer et de rire malgré les difficultés. Le film rend hommage à ceux qui trouvent la force de persévérer face à la violence et à la répression.

Le film contient des scènes audacieuses pour le cinéma afghan, comme l’échange d’un vibromasseur entre amies ou un baiser passionné entre les protagonistes. Ces moments, qui brisent les tabous et les conventions sociales, témoignent de la volonté de la réalisatrice de proposer une vision nouvelle et libérée de l’Afghanistan. La réalisatrice était convaincue que même en cas de censure, le film pourrait être vu sur TikTok.

Shahrbanoo Sadat a fui Kaboul avant la prise de pouvoir des talibans et a pu réaliser son film en Allemagne, avec le soutien de la communauté afghane de Berlin et de Hambourg. Les décors de la chaîne de télévision afghane ont été reconstitués dans d’anciens studios de la Stasi, à Berlin. Sa filmographie comprend également les courts métrages Loup et mouton (2016) et L’orphelinat (2019), présentés à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.

« Pas de bons hommes » interroge la possibilité d’existence d’hommes bons dans une société patriarcale et conservatrice. Le film est un hommage à ceux qui sont prêts à changer et à renoncer à leurs privilèges, et un appel à de nouveaux modèles masculins. Comme l’a souligné Fernando Trueba, un film peut offrir une intimité précieuse avec un pays voisin :

« Il n’y a rien de mieux qu’un film pour découvrir la véritable intimité d’un pays qui n’est pas loin. »

Fernando Trueba

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