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Lévétiracétam : un médicament contre l’épilepsie pourrait prévenir la maladie d’Alzheimer

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Publié le 12 février 2024 21:09:00. Un médicament contre l’épilepsie, le lévétiracétam, pourrait représenter une avancée majeure dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer en bloquant la formation des plaques amyloïdes toxiques, ouvrant ainsi la voie à une approche préventive inédite.

  • Des chercheurs ont identifié le lieu précis où débute la formation de la protéine amyloïde-bêta 42, impliquée dans la maladie d’Alzheimer : les vésicules synaptiques.
  • Le lévétiracétam agit en atténuant l’hyperactivité neuronale, perturbant ainsi la production anormale de protéines toxiques.
  • Des études sur des souris, des neurones humains et des données patients suggèrent un effet protecteur et une prolongation de la durée de vie des patients atteints d’Alzheimer déjà traités par ce médicament pour l’épilepsie.

Une équipe de l’Université Northwestern a mis en évidence le potentiel préventif du lévétiracétam, un médicament utilisé depuis des décennies pour traiter l’épilepsie. L’étude, publiée dans la revue Médecine translationnelle scientifique, révèle que ce médicament pourrait s’attaquer à la cause profonde de la maladie d’Alzheimer en empêchant la formation des plaques amyloïdes, considérées comme l’un des principaux marqueurs de la maladie.

Contrairement aux traitements actuels, comme le lécanemab, qui visent à éliminer les plaques amyloïdes déjà présentes dans le cerveau, le lévétiracétam agirait en amont, en bloquant leur formation dès le début du processus. Les chercheurs ont découvert que le médicament agit au niveau des vésicules synaptiques, ces minuscules sacs responsables de la transmission des signaux entre les cellules nerveuses, où la protéine amyloïde-bêta 42 commence à s’accumuler.

Le professeur Jeffrey Savas, à la tête de l’équipe de recherche, explique que le lévétiracétam atténue l’hyperactivité des neurones, un effet bien connu de son action antiépileptique.

« Au lieu de lutter contre les conséquences, nous arrêtons le processus déclencheur lui-même. »

Jeffrey Savas, professeur

Cette intervention régulatrice semble perturber la production anormale de protéines, offrant ainsi une intervention potentiellement plus efficace dès les premiers stades de la maladie.

Les preuves recueillies par les chercheurs sont solides : des expériences menées sur des souris atteintes d’Alzheimer ont montré que le lévétiracétam réduisait les protéines toxiques et protégeait les synapses. Des résultats similaires ont été observés sur des neurones humains cultivés en laboratoire. De plus, une analyse des données de patients a révélé que ceux atteints de la maladie d’Alzheimer et traités par lévétiracétam pour l’épilepsie avaient vécu plus longtemps avec leur démence que ceux traités par d’autres médicaments antiépileptiques.

Un avantage majeur de ce médicament est qu’il est déjà approuvé depuis des décennies, son profil de sécurité est bien établi et il est relativement peu coûteux. Cela pourrait accélérer considérablement son développement et son application clinique. Cependant, les chercheurs soulignent que le lévétiracétam est rapidement décomposé par l’organisme et travaillent déjà sur une version améliorée pour un effet plus durable et plus ciblé.

L’approche du lévétiracétam se distingue des thérapies par anticorps récemment approuvées, qui ne sont efficaces que dans les premiers stades de la maladie, lorsque les plaques amyloïdes sont déjà présentes, et ne peuvent pas réparer les lésions cérébrales existantes. Selon le professeur Savas,

« Pour être efficace, le traitement devrait commencer extrêmement tôt, peut-être 20 ans avant l’apparition des premiers symptômes visibles. »

Jeffrey Savas, professeur

Une fois la démence installée, les dommages sont souvent irréversibles, soulignant ainsi l’importance cruciale de la détection précoce grâce à des biomarqueurs.

Les chercheurs considèrent le lévétiracétam comme un point de départ prometteur, mais pas comme une solution définitive. Leur vision à long terme est de pouvoir traiter de manière préventive les personnes présentant un risque génétique élevé de développer la maladie d’Alzheimer, à l’instar de l’utilisation des statines pour prévenir les crises cardiaques. La combinaison d’une détection précoce améliorée et d’un médicament préventif pourrait transformer radicalement la prise en charge de cette maladie dévastatrice.

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