Publié le 15 octobre 2025, 05:00:00. Malgré des signes alarmants, ni lundi ni mardi n’ont vu de véritable débâcle sur les marchés. L’escalade verbale entre Donald Trump et la Chine, alimentée par des tensions commerciales persistantes, a suscité une vive inquiétude, mais les réactions ultérieures suggèrent une désescalade prudente.
- Les marchés financiers ont réagi vivement à l’escalade des tensions commerciales sino-américaines, mais les signes de modération ultérieure ont limité l’impact.
- L’épisode met en lumière la fragilité du sentiment des investisseurs et la capacité de Donald Trump à influencer les marchés par ses déclarations.
- Le contexte actuel est marqué par la persistance d’un « shutdown » gouvernemental aux États-Unis et une incertitude quant à la politique monétaire de la Réserve Fédérale.
La récente flambée de tensions entre les États-Unis et la Chine a rappelé les affres d’avril dernier, lorsque la perspective de droits de douane massifs avait plongé les marchés dans la frénésie. L’élément déclencheur, cette fois, a été la menace de Donald Trump d’imposer des taxes de 100 % sur les importations chinoises, suite à des contrôles d’exportation de terres rares par Pékin. Cette décision, perçue comme une grenade lancée par le président américain, a immédiatement fait chuter les indices boursiers.
Cependant, la situation a rapidement évolué. Le week-end a vu une modération du discours présidentiel américain, avec un tweet de Donald Trump affirmant que « tout ira bien » avec la Chine. Cette volte-face a semé la confusion quant à la véritable intention de la Maison Blanche. Le secrétaire au Trésor américain a par la suite indiqué que les préparatifs d’une rencontre bilatérale entre les deux dirigeants, prévue lors du sommet de l’APEC en Corée du Sud, se poursuivaient comme prévu.
Cette apparente désescalade, bien que rassurante pour les marchés, soulève des questions sur la stratégie de communication de l’administration Trump. L’objectif semble être de créer une tension palpable pour maximiser l’impact de la future rencontre, qui pourrait ainsi gagner en signification. L’annonce par la Chine d’une facilitation de la résolution des opérations de TikTok aux États-Unis, une demande chère à Donald Trump, avait pourtant été interprétée comme une avancée majeure, rendant la réaction présidentielle d’autant plus surprenante.
L’épisode actuel a mis en évidence la fragilité du sentiment des investisseurs. Le rallye boursier récent, sans pause significative, a peut-être créé une attente excessive, rendant les marchés plus sensibles aux chocs. Cet épisode sert de test de résistance grandeur nature, survenant dans un contexte déjà tendu par le « shutdown » gouvernemental américain, entré dans sa troisième semaine sans solution en vue.
Contrairement à avril, où une mesure similaire avait rapidement dû être annulée sous peine de déclencher un « moment Lehman », cette fois, les bons du Trésor américains se sont renforcés et les taux longs ont baissé. Le dollar a également montré de la résilience. Ce contraste marque une différence notable par rapport au chaos observé précédemment. Néanmoins, cette tension persistante a favorisé la montée de l’or et des métaux précieux, traditionnels refuges en période d’incertitude et de crainte de dévaluation du dollar.
En revanche, le secteur des cryptomonnaies a subi un coup sévère. Les monnaies alternatives, en particulier, ont connu une liquidation massive, la plus importante de leur courte histoire, entraînant la disparition de nombreux comptes à effet de levier. Ces actifs ont été particulièrement touchés par le coup de d’avant-vendredi et restent dans le marasme.
Sur le plan monétaire, les déclarations du président de la Réserve Fédérale, Jérôme Powell, ont apporté une certaine clarté. Reconnaissant la tension entre inflation et chômage, il a évoqué le débat interne à la Fed sans pour autant anticiper la décision du mois. L’absence de nouvelles directives majeures est souvent perçue comme une bonne nouvelle pour les marchés, suggérant que les prévisions actuelles, y compris une possible baisse des taux, pourraient se maintenir. L’éventualité d’une fin du resserrement quantitatif (« quantitative tightening ») dans les mois à venir n’a pas non plus suscité de réaction négative.
Dans le même temps, les résultats financiers des grandes banques ont donné le coup d’envoi du troisième trimestre, et ce, sur de bonnes bases. Des institutions telles que Wells Fargo, Citigroup, JPMorgan Chase et Goldman Sachs, ainsi que BlackRock, ont largement dépassé les estimations des analystes, suggérant une résilience du secteur bancaire malgré les turbulences ambiantes.