À Swindon, une initiative audacieuse vise à ouvrir les portes du football aux enfants sourds et malentendants. Lancée par le club local HS Sports, sous l’impulsion de Harvey Scholes, cette campagne de sensibilisation a déjà permis à deux jeunes talents de s’épanouir sur les terrains aux côtés de leurs camarades entendants, grâce à des adaptations de communication simples mais efficaces.
Le projet a reçu le soutien de poids d’Ian Holloway, manager de Swindon Town FC. Ce dernier a salué cette démarche, affirmant qu’il était « temps » et qu’il n’existait « aucune raison pour qu’un garçon ou une fille sourd ne finisse pas par jouer au football de haut niveau ». Harvey Scholes, désireux de voir d’autres clubs emboîter le pas, souhaite partager l’expérience de Stanley et Jacob pour démontrer le potentiel de ces jeunes joueurs.
Une vidéo mettant en scène Stanley, neuf ans, et Jacob, dix ans, jouant avec leurs coéquipiers a déjà été visionnée plus de 40 000 fois. Stanley, né sourd et appareillé par des implants cochléaires dès l’âge de 14 mois, évolue dans trois équipes, dont l’équipe d’Angleterre de football pour sourds. Il rêve d’atteindre le même niveau que les joueurs de Premier League, un objectif pour lequel il travaille sans relâche. Il partage cette passion avec Jacob, malentendant et porteur d’appareils auditifs, qui joue également dans trois équipes et aspire à fouler les pelouses de Premier League.
Malgré les défis liés à la réception des consignes sur le terrain, Jacob affirme que cela n’entache en rien son amour pour le jeu. « Parfois, on entend mal son entraîneur ou ses joueurs, et on ne sait pas toujours ce qu’il faut faire », admet-il, tout en soulignant que cela ne l’empêche pas de persévérer.
La vidéo, réalisée et diffusée sur les réseaux sociaux par Harvey Scholes, a suscité un vif intérêt. Aarron, le père de Jacob, espère que cette initiative permettra d’éviter que les jeunes joueurs malentendants talentueux ne soient marginalisés. « Ce que nous constatons, c’est que ses appareils auditifs sont parfois perçus comme un obstacle », confie-t-il. « Son handicap ne fait pas la différence, il n’y a aucune incapacité dans son jeu. »
Ian Holloway, qui a lui-même trois enfants sourds, a rappelé que la surdité est « une raison d’être fier », même si « le reste du monde n’adhère pas toujours ». Selon lui, une approche inclusive de la part des clubs de football permettrait aux jeunes joueurs d’atteindre leurs objectifs. Il recommande la mise en place de supports visuels clairs sur les terrains. « Tant que nous le faisons correctement… il n’y a aucune raison pour qu’un garçon ou une fille sourd ne finisse pas par jouer au football de haut niveau », conclut-il.