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La Carélie du Sud perd un million d’euros par jour à cause de la fermeture de sa frontière avec la Russie

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Publié le 2025-11-01 15:29:00. La fermeture de la frontière finlandaise avec la Russie, intervenue fin novembre 2023, pèse lourdement sur l’économie de la Carélie du Sud. La région, privée de flux touristique russe, enregistre des pertes quotidiennes substantielles et voit ses entreprises locales fragilisées.

  • La Carélie du Sud estime ses pertes de revenus touristiques à un million d’euros par jour depuis la fermeture de la frontière.
  • De nombreuses entreprises locales, notamment des stations thermales, sont contraintes de réduire leur activité, voire de fermer.
  • Un hôtel historique d’Imatra a dû solliciter l’aide des autorités municipales face à cette situation économique tendue.

Depuis le 30 novembre 2023, tous les points de passage terrestres entre la Finlande et la Russie sont inopérants. Cette décision radicale, motivée par un afflux jugé incontrôlé de migrants en provenance de pays tiers, a été prolongée indéfiniment. Pour la Carélie du Sud, une région géographiquement plus proche de Saint-Pétersbourg que de la capitale Helsinki, les répercussions économiques s’ajoutent aux inquiétudes sécuritaires nées du conflit en Ukraine.

L’atmosphère dans la région est marquée par une appréhension grandissante. Jarmo Ikavalko, 73 ans, directeur du Musée des anciens combattants d’Imatra, confie : « Si vous m’aviez demandé il y a un an si j’avais peur, j’aurais répondu pas du tout, mais maintenant mes genoux tremblent un peu. » Ce sentiment de malaise est alimenté par des déclarations provocatrices de personnalités russes. Début septembre, l’ancien président Dmitri Medvedev, suite à une visite à Svetogorsk (ville russe frontalière), a publié un essai empreint de références à la Seconde Guerre mondiale, suggérant que la Finlande se préparait à une offensive contre la Russie et promettant que « contrairement à 1944, personne ne les abandonnera cette fois ». Bien que souvent perçu comme un fervent partisan de la guerre en Ukraine, ces propos ont été pris au sérieux par certains services de sécurité européens, car ils reprennent un discours similaire à celui utilisé pour justifier l’agression contre l’Ukraine et omettent la complexité de l’alliance finlandaise avec l’Allemagne nazie et la guerre subséquente menée pour les chasser. Le relais de ces commentaires par plusieurs membres du parti au pouvoir en Russie laisse penser à une stratégie coordonnée du Kremlin.

Si l’idée d’une incursion militaire russe directe est qualifiée de « russophobie occidentale » par Moscou, les attaques hybrides et la désinformation continue fragilisent les nerfs et entretiennent l’incertitude. Comme l’a souligné le chancelier allemand Friedrich Merz, la situation actuelle ne peut être qualifiée de guerre, mais pas davantage de paix. Quel que soit son nom, cette tension résonne particulièrement en Carélie du Sud, une région où les stigmates des conflits passés sont encore vifs. Le Musée des anciens combattants d’Imatra témoigne de cet héritage douloureux, regorgeant d’objets issus des guerres ayant opposé la Finlande à l’Union soviétique.

Avec sa frontière terrestre de 1 340 kilomètres avec la Russie, la Finlande assure la moitié du flanc oriental de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Si le gouvernement finlandais insiste sur sa préparation, l’étendue de cette frontière pose un défi sécuritaire majeur. Elle est au cœur de projets de défense européens, tels que le déploiement d’un « mur de drones », visant à protéger le continent contre d’éventuelles agressions russes.

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