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La chancelière allemande exhorte l’Europe et les États-Unis à « relancer et réparer » les relations transatlantiques – The Irish Times

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Publié le 13 février 2026 à 16h24. Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le chef de file de l’opposition allemande a lancé un appel à la revitalisation de l’alliance transatlantique, tout en critiquant l’affaiblissement du leadership américain et en plaidant pour une Europe plus autonome en matière de défense.

  • Friedrich Merz a exhorté l’Europe et les États-Unis à « relancer et réparer » leur relation.
  • Il a mis en garde contre un ordre mondial en mutation, dominé par les grandes puissances, et a estimé que le rôle de leadership américain n’était plus acquis.
  • Merz a souligné la nécessité pour l’Europe de renforcer sa propre capacité de défense et de réduire sa dépendance à l’égard des États-Unis.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a secoué la Conférence de Munich sur la sécurité en appelant à une réévaluation profonde des relations transatlantiques. Son discours, oscillant entre appels à la coopération et critiques acerbes, a mis en lumière les tensions croissantes entre l’Europe et les États-Unis, notamment à l’aube d’éventuels changements politiques majeurs de part et d’autre de l’Atlantique.

Merz a averti que l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale était « en train de s’effondrer », laissant place à une nouvelle ère où les grandes puissances rivalisent pour l’influence. Il a souligné que même les États-Unis, malgré leur puissance, ne pourraient pas agir efficacement de manière unilatérale.

« Même les États-Unis se heurteront aux limites de leurs pouvoirs s’ils décident de faire cavalier seul »

Friedrich Merz, chef de file de l’opposition allemande

Le dirigeant allemand a insisté sur la nécessité pour l’Europe de prendre ses responsabilités en matière de sécurité et de défense, en mettant fin à des décennies de sous-investissement et de dépendance à l’égard des États-Unis. Il a plaidé pour la construction d’un « pilier européen autonome », capable d’assurer sa propre sécurité. Cette nouvelle confiance en soi européenne, a-t-il affirmé, s’est manifestée récemment face aux menaces d’annexion du Groenland par l’ancien président américain Donald Trump. Il a salué la solidarité européenne démontrée à cette occasion, citant en exemple le soutien apporté par l’Union européenne à la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, qui était présente dans l’audience.

« Elle sait qu’elle peut compter sur la solidarité européenne, sans aucun problème »

Friedrich Merz, chef de file de l’opposition allemande

Merz a également lancé un avertissement contre les tentations autoritaires, rappelant l’histoire allemande du XXe siècle.

« Nous, Allemands, savons qu’un monde dans lequel seul le pouvoir compte serait un endroit sombre. Notre pays a suivi cette voie au 20e siècle jusqu’à une fin amère – et mauvaise. »

Friedrich Merz, chef de file de l’opposition allemande

Son discours a fait écho aux tensions déjà palpables lors de la conférence de l’année précédente, où le vice-président américain JD Vance avait accusé les dirigeants européens de saper la démocratie en muselant les critiques de la politique migratoire. Les échanges entre les États-Unis et l’ Union européenne ont pris des allures de négociations difficiles, reflétant une relation en pleine mutation.

Plusieurs dirigeants européens ont apporté leur soutien à Merz, notamment le président finlandais Alexander Stubb, qui a appelé à un « réalisme fondé sur des valeurs », reconnaissant la nécessité de coopérer avec des pays aux intérêts divergents. Les délégués américains ont adopté une attitude plus mesurée, qualifiant le discours de Merz d’« hyperbolique », selon le sénateur républicain Thom Tillis de Caroline du Nord. Il a affirmé que les Américains restent attachés aux valeurs démocratiques et à l’État de droit.

Après son discours, Merz a eu une réunion de 30 minutes avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui prendra la parole samedi matin, suivi de son homologue chinois Wang Yi. Parallèlement, le président ukrainien Volodymyr Zelenski a rencontré 11 dirigeants européens et a inauguré une usine de drones germano-ukrainienne.

Le président français Emmanuel Macron a adopté un ton plus optimiste, promettant que l’Europe ferait preuve de « force et de ténacité » pour soutenir l’Ukraine et construire sa propre architecture de sécurité.

« Cette Europe sera un bon allié et partenaire pour les États-Unis, parce qu’elle sera un partenaire qui assumera sa juste part du fardeau et sera respecté. »

Emmanuel Macron, président français

Enfin, le gouverneur de Californie Gavin Newsom a critiqué la décision de l’ancien président Trump de revenir sur les accords climatiques, la qualifiant de « folie ». La députée démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a quant à elle plaidé pour une politique centrée sur la classe ouvrière afin de contrer la montée de l’autoritarisme.

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