Publié le 23 février 2026 à 18h20. Un veto hongrois inattendu bloque l’adoption du 20e paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie, compromettant également l’approbation d’une aide financière majeure à l’Ukraine.
La Hongrie s’oppose à l’adoption du nouveau train de sanctions européennes contre Moscou, exigeant la reprise des livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Droujba, actuellement interrompues. Cette décision, qualifiée de « revers » par la chef de la diplomatie européenne, intervient à la veille du quatrième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine.
Selon Peter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères, Budapest opposera son veto tant que l’Ukraine ne permettra pas la reprise du transit de pétrole vers la Hongrie et la Slovaquie via l’oléoduc Droujba.
« Tant que l’Ukraine n’aura pas repris le transit de pétrole vers la Hongrie et la Slovaquie via l’oléoduc Droujba, la Hongrie y opposera son veto. »
Peter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères
La Hongrie et la Slovaquie accusent Kiev d’empêcher la réouverture de cet oléoduc, endommagé selon les autorités ukrainiennes par des frappes russes le 27 janvier. La Slovaquie affirme que les réparations ont été achevées, mais que l’Ukraine maintient délibérément l’oléoduc fermé dans le but d’exercer une pression politique sur Budapest et Bratislava, qui se montrent réticentes à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.
Ce blocage intervient alors que l’Union européenne avait proposé début février de nouvelles sanctions ciblant le secteur bancaire et l’énergie russe, incluant une interdiction des services maritimes (maintenance, remorquage, etc.) aux navires transportant du pétrole russe. Le 20e « paquet » de sanctions était prévu pour être adopté avant le 24 février, date anniversaire du début de l’invasion russe de l’Ukraine.
Parallèlement, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé qu’il bloquerait également l’adoption d’un prêt de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, décidé en décembre, pour les mêmes raisons. Cette position a suscité l’indignation au sein de l’Union européenne.
En réaction, Emmanuel Macron a appelé les Européens à « avancer » sur l’adoption du 20e paquet de sanctions et à « mettre en œuvre » le prêt européen. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est déclaré confiant quant à l’adoption finale de ces sanctions, estimant que la Hongrie finira par s’aligner.
« Je suis stupéfait par la position hongroise. »
Johann Wadephul, chef de la diplomatie allemande
D’autres responsables européens ont exprimé leur consternation face à cette attitude, soulignant que le blocage des sanctions profiterait directement à la Russie. Margus Tsahkna, son homologue estonien, a averti que si l’Union européenne n’est pas en mesure d’imposer des sanctions à la Russie, Moscou en tirera un avantage certain.