Publié le 6 février 2024 17:21:00. La Chine a mis au point une nouvelle génération d’armes à micro-ondes de haute puissance (HPM) capables de perturber les satellites en orbite basse, incluant potentiellement la constellation Starlink. Cette avancée technologique, révélée par des chercheurs liés à l’armée chinoise, témoigne de l’accélération de la course à l’armement dans l’espace.
- La Chine a développé un système d’arme à micro-ondes (HPM) miniaturisé, le TPG1000C, capable de générer des impulsions électromagnétiques de 20 gigawatts (GW).
- Cette puissance dépasse largement le seuil estimé nécessaire pour affecter les satellites en orbite basse, comme ceux de la constellation Starlink.
- Contrairement aux armes antisatellites conventionnelles, les HPM offrent une alternative discrète et ne génèrent pas de débris spatiaux.
Des scientifiques du Northwest Institute of Nuclear Technology (NINT) à Xi’an, un centre de recherche associé aux forces armées chinoises, ont conçu le TPG1000C. Cet appareil, d’une longueur d’environ quatre mètres et d’un poids de cinq tonnes, représente une avancée significative en termes de miniaturisation par rapport aux systèmes HPM existants, traditionnellement volumineux et difficiles à intégrer sur des plateformes mobiles.
L’étude, publiée le 13 janvier dans la revue scientifique chinoise High Power Laser and Particle Beams, souligne la stabilité opérationnelle du système. Les chercheurs indiquent qu’il a démontré une capacité à fonctionner de manière continue pendant une minute, accumulant environ 200 000 impulsions avec des performances constantes. Cette endurance est un progrès majeur par rapport aux prototypes précédents, limités à quelques secondes de fonctionnement.
Selon les auteurs, une puissance d’environ 1 gigawatt (GW) serait suffisante pour compromettre des réseaux satellitaires comme Starlink, ce qui place la capacité du TPG1000C (20 GW) bien au-dessus de ce niveau. Cette capacité permettrait des attaques électroniques difficiles à détecter et à attribuer, contrairement aux méthodes plus directes.
Les armes à micro-ondes représentent une alternative aux approches cinétiques, qui consistent à détruire physiquement les satellites et à générer une quantité importante de débris orbitaux, menaçant ainsi d’autres engins spatiaux, y compris ceux du pays attaquant. Les HPM, en revanche, fonctionnent en libérant soudainement de l’énergie stockée, produisant un rayonnement intense capable de rendre les composants électroniques inutilisables sans provoquer d’explosions.
Plusieurs nations, dont les États-Unis, la Russie et la Chine, considèrent cette approche comme une solution stratégique prometteuse, car elle réduit les dommages collatéraux dans l’espace et permet des opérations plus discrètes. La miniaturisation du système, rendue possible par l’utilisation d’un nouvel isolant liquide à haute densité énergétique, le Midel 7131, constitue une avancée technologique clé.
Les constellations de satellites de communication, comme Starlink, développée par SpaceX, sont devenues des infrastructures essentielles, tant pour les applications civiles que militaires. Starlink a notamment été utilisé pour maintenir les communications lors de l’invasion russe de l’Ukraine, démontrant sa résistance aux tentatives d’interférence électronique. Ces dernières années, des chercheurs chinois ont mis en avant la nécessité de développer des capacités pour perturber ou dégrader ces grandes constellations commerciales, les considérant comme un avantage stratégique pour les pays rivaux.
La militarisation de l’espace et le développement de capacités antisatellites sont devenus des enjeux géopolitiques croissants, soulignant l’importance de cette nouvelle avancée technologique chinoise.