Publié le 2025-11-08 06:26:00. La mission diplomatique chinoise auprès de l’Union européenne a fermement condamné la décision du Parlement européen d’autoriser la vice-présidente taïwanaise, Hsiao Bi-khim, à s’exprimer dans ses locaux, y voyant une ingérence dans ses affaires intérieures.
- La Chine exprime sa « forte indignation » face à l’invitation de la vice-présidente taïwanaise au Parlement européen.
- Pékin dénonce une « grave ingérence » et un « mauvais signal » envoyé aux forces séparatistes.
- Hsiao Bi-khim a plaidé pour une plus grande inclusion de Taïwan dans les organisations internationales, soulignant l’importance de la stabilité dans le détroit de Taïwan pour la prospérité mondiale.
La représentation diplomatique de la République populaire de Chine auprès de l’Union européenne a fait part samedi de sa « vive indignation » après que le Parlement européen a donné son feu vert à la prise de parole de la vice-présidente de Taïwan, Hsiao Bi-khim, au sein de l’institution. Cet événement, une première pour un responsable taïwanais dans un parlement européen, s’est déroulé vendredi dans le cadre de la session annuelle de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC).
Dans un communiqué publié sur son site internet, la mission chinoise a critiqué l’UE pour avoir « ignoré la forte opposition et les plaintes solennelles de la Chine » et pour avoir permis à Mme Hsiao, ainsi qu’à d’autres personnalités du mouvement pour l’indépendance de Taïwan, d’entrer dans l’enceinte parlementaire afin de « mener des activités séparatistes ». Pékin considère cette démarche comme une « grave ingérence dans les affaires intérieures de la Chine » qui « porte gravement atteinte à la confiance politique mutuelle entre la Chine et l’UE ». La question de Taïwan, a réitéré la représentation diplomatique, « est une ligne rouge qui ne doit pas être franchie ».
La Chine a « une fois de plus solennellement exigé que l’UE cesse de soutenir et de tolérer les activités d’« indépendance de Taïwan », qu’elle arrête d’envoyer de mauvais signaux aux forces séparatistes, qu’elle prenne des mesures concrètes pour atténuer l’impact négatif, et qu’elle respecte et soutienne les intérêts fondamentaux de la Chine », précise le communiqué.
Hsiao Bi-khim, accompagnée du ministre des Affaires étrangères de l’île, Lin Chia-lung, a profité de sa présence pour plaider en faveur d’une plus grande reconnaissance de Taïwan sur la scène internationale. Elle a insisté sur le fait que la stabilité dans le détroit de Taïwan revêtait une importance capitale, non seulement pour la région, mais aussi comme « une pierre angulaire de la prospérité mondiale ». Elle a également dénoncé la « pression militaire croissante » exercée par la Chine.
L’IPAC, fondée en 2020, est une organisation internationale de parlementaires qui vise à contrer ce qu’elle perçoit comme les défis posés par la Chine aux démocraties, notamment par des campagnes et des législations visant à « empêcher l’infiltration politique et économique » du géant asiatique. Pékin, de son côté, considère l’IPAC comme une « organisation anti-Chine ».
L’histoire moderne de la relation entre la Chine continentale et Taïwan remonte à 1949. Après la guerre civile chinoise et la victoire des troupes communistes de Mao Zedong, le gouvernement de la République de Chine, dirigé par Chiang Kai-shek, s’est réfugié sur l’île de Taïwan, qui opère depuis de manière autonome. Pékin revendique Taïwan comme une « partie inaliénable » de son territoire et n’écarte pas le recours à la force pour réaliser une « réunification », objectif affiché par le président chinois Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir en 2012.
Ces dernières années, la Chine a intensifié sa stratégie de pression diplomatique et militaire à l’égard de Taïwan. Cette politique se traduit par des manœuvres militaires de plus en plus fréquentes à proximité de l’île et par des efforts diplomatiques visant à réduire le nombre d’alliés de Taipei au profit de Pékin.
Le gouvernement taïwanais, dirigé depuis 2016 par le Parti démocratique progressiste (PDP), une formation à tendance souverainiste, maintient que l’île est « de facto » indépendante et que son avenir ne peut être décidé que par ses 23 millions d’habitants.