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La Chine restreint ses exportations vers 40 entités japonaises ayant des liens avec l’armée

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Publié le 24 février 2026 17:36:00. Pékin a annoncé des restrictions commerciales à l’encontre de quarante entreprises japonaises, une escalade directe des tensions avec Tokyo suite aux déclarations du Premier ministre japonais concernant Taïwan.

La Chine a limité mardi ses exportations vers 40 entités japonaises, accusées de contribuer à la « remilitarisation » du Japon, marquant une nouvelle étape dans la détérioration des relations bilatérales. Cette décision intervient après que le Premier ministre japonais Sanae Takaichi a évoqué, en novembre dernier, la possibilité d’une intervention japonaise en cas d’attaque chinoise contre Taïwan, l’île démocratique que Pékin considère comme une province renégate.

Le ministère chinois du Commerce a inscrit 20 entreprises sur une liste de contrôle des exportations, interdisant l’importation de biens à double usage – pouvant servir à des fins civiles ou militaires. Parmi ces entreprises figurent plusieurs filiales de Mitsubishi Heavy Industries impliquées dans la construction navale, la production de moteurs d’avion et de machines maritimes, ainsi que des entités de Kawasaki Heavy Industries et de Fujitsu. Une liste de surveillance distincte comprend 20 autres entreprises japonaises, soumises à des exigences de licence d’exportation et à des évaluations des risques.

Selon le ministère chinois, ces mesures, qui visent à freiner la remilitarisation et les ambitions nucléaires du Japon, sont « tout à fait légitimes, raisonnables et légales ». Il précise que les restrictions ne concernent qu’un nombre limité d’entreprises et de biens à double usage, et ne devraient pas affecter les échanges économiques et commerciaux normaux entre les deux pays.

Tokyo a immédiatement protesté contre ces mesures, qualifiant les restrictions ciblées sur le Japon d’« inacceptables ». Le gouvernement japonais a exprimé son mécontentement auprès du chef adjoint de la mission chinoise au Japon, Shi Yong.

« Ces mesures ne seront jamais tolérées. C’est vraiment déplorable. Nous protestons fermement auprès de la Chine et l’exhortons à les lever (les contrôles). »

Kei Sato, secrétaire en chef adjoint du Cabinet japonais

Certaines entreprises contactées par l’Associated Press ont indiqué qu’elles n’avaient pas encore évalué l’impact de ces mesures. Les représentants de Yashima Denki Co. et de NOF Corp, figurant sur la liste de surveillance, ont estimé que leurs activités avec la Chine étaient trop limitées pour être significativement affectées.

Pékin a déjà critiqué à plusieurs reprises les déclarations de Mme Takaichi concernant Taïwan, ainsi que ce qu’il perçoit comme une politique de remilitarisation du Japon. La Chine considère Taïwan comme une province séparatiste et n’exclut pas la possibilité d’une annexion par la force. Le récent succès électoral du parti de Mme Takaichi, qui a remporté une victoire écrasante aux élections parlementaires du début du mois, pourrait renforcer sa position sur les questions de sécurité.

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Mari Yamaguchi et Yuri Kageyama à Tokyo, ainsi qu’Elaine Kurtenbach à Bangkok, ont contribué à ce reportage.

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