Publié le 2025-10-12 09:37:00. La Confédération des employeurs et des industriels de Bulgarie (CEIB) dénonce les propositions de la Confédération indépendante des syndicats en Bulgarie (CITUB) d’augmenter drastiquement les impôts et les cotisations sociales, qualifiant ces mesures de « politiques coquines » susceptibles de nuire gravement à l’économie et au dialogue social dans le pays.
- La CEIB accuse la CITUB de s’éloigner de son rôle syndical pour agir comme une organisation politique radicale.
- Le président de la CEIB, Kiril Domouchiev, met en garde contre une possible stagnation économique, un gel des investissements et une crise inflationniste à la roumaine.
- La CEIB recommande à ses membres de suspendre leurs collaborations avec la CITUB sur divers sujets et de privilégier d’autres syndicats pour les négociations.
Dans une déclaration cinglante, Kiril Domouchiev, président de la Confédération des employeurs et des industriels de Bulgarie (CEIB), a vivement critiqué les récentes propositions de la Confédération indépendante des syndicats en Bulgarie (CITUB). Selon lui, ces propositions, qui prévoient une augmentation substantielle des impôts et des assurances, marquent un passage de la « destruction du dialogue social à son explosion ».
« Ils ne se comportent pas comme un syndicat qui doit protéger les revenus disponibles des travailleurs et les opportunités de créer de nouveaux emplois bien rémunérés, mais comme une organisation politique radicale qui veut s’emparer des revenus des travailleurs et des entrepreneurs et les verser dans le budget central. »
Kiril Domouchiev, président de la CEIB
Le dirigeant patronal estime que ces mesures conduiront inévitablement à la stagnation, au gel des investissements et à une renonciation à la création d’emplois. Il alerte également sur le risque de pousser la Bulgarie vers un scénario à la roumaine, caractérisé par une crise inflationniste et d’endettement, en raison d’une proposition visant à accroître le secteur public, déjà supérieur à la moyenne de l’OCDE.
Face à cette situation, le Conseil d’administration de la CEIB a formulé une position et des recommandations destinées à ses membres. La principale organisation patronale bulgare annonce mettre fin à son partenariat avec la CITUB et la déconseille en tant que partenaire.
Parmi les recommandations émises, la CEIB suggère aux entreprises membres de :
- Suspendre les réunions avec la CITUB sur des sujets tels que la qualification des employés, le marché du travail, l’environnement des affaires, les questions fiscales et d’assurance, sauf pour les projets en cours menés en partenariat.
- Expliquer aux salariés les conséquences potentielles sur leurs revenus et leur capacité d’investissement en Bulgarie si les hausses fiscales et d’assurances proposées par la CITUB se concrétisent.
- Privilégier d’autres syndicats comme partenaires sociaux pour les négociations collectives, tant que la CITUB maintient son « attitude d’attaque » contre le développement des entreprises bulgares et la suppression de l’emploi privé au profit du secteur public.
La CEIB souligne que le comportement de la CITUB est devenu de plus en plus incompréhensible, s’éloignant de sa mission de protection des intérêts des travailleurs en matière de revenus, de sécurité au travail et d’emploi. Elle estime que la CITUB agit désormais davantage comme une organisation politique radicale cherchant à capter les revenus au profit du budget central et des fonctionnaires, au détriment des autres catégories de travailleurs et d’entrepreneurs, dans une démarche qui vise à diviser la société bulgare et à saper l’économie de marché.
Pour étayer son argumentation, le Conseil d’administration de la CEIB rappelle plusieurs faits économiques :
- Les recettes fiscales bulgares, en pourcentage de l’économie, ne sont pas faibles comparées au niveau mondial. La Bulgarie se situe dans le tiers supérieur des pays sur cet indicateur, devançant des économies comme les États-Unis, Israël, la Suisse, la Roumanie, la Turquie, la Chine, la Corée du Sud, l’Irlande et Hong Kong.
- La Bulgarie ne dispose pas d’une longue histoire d’accumulation de capital permettant des politiques de redistribution massives comme dans certains pays européens, dont beaucoup connaissent aujourd’hui une stagnation et une instabilité gouvernementale.
- Le secteur public bulgare représente 22% du marché du travail, un chiffre supérieur à celui de la France, l’Espagne, la Belgique, le Canada et l’Irlande. Aux États-Unis, en Allemagne, en Autriche et au Japon, le secteur public est deux à trois fois plus petit. La moyenne de l’OCDE est de 18%.
- L’expansion de l’emploi public au détriment du secteur privé risque d’entraîne une stagnation économique permanente, d’autant plus que le pays est confronté à une crise démographique. Ce développement détourne non seulement le travail et le capital de la production réelle, mais peut aussi fausser l’économie et encourager les prêts improductifs.
- L’idée de construire une économie durable via des crédits à la consommation accordés par l’État est considérée comme fatale pour une économie petite et ouverte comme celle de la Bulgarie. Une grande partie de ces crédits finance des importations, profitant ainsi aux concurrents étrangers, et incite les jeunes à privilégier l’achat à crédit plutôt que le développement de compétences et la création d’entreprises.
En conclusion, la CEIB estime que le comportement de la CITUB, qui s’apparente à celui d’un acteur politique plutôt que d’un partenaire social, justifie que le dialogue avec ce syndicat soit désormais limité aux seuls salariés des entreprises membres, afin de leur expliquer les préjudices potentiels de ces propositions fiscales radicales. La CEIB se positionne comme un partenaire social responsable, souhaitant un dialogue normal avec les syndicats, à condition que ceux-ci agissent comme de véritables représentants des travailleurs et non comme des éléments déstabilisateurs.