Publié le 2025-10-10 13:00:00. Malgré un environnement de taux d’intérêt en baisse, les émissions de bons du Trésor au détail ont enregistré une performance solide en septembre, dépassant les chiffres du mois précédent et de l’année précédente. Cependant, l’atteinte d’un record comme celui de l’an dernier semble peu probable.
En septembre 2025, le ministère des Finances polonais a écoulé pour près de 6,7 milliards de zlotys (PLN) de bons du Trésor destinés aux particuliers. Ce montant représente une hausse de 13,2 % par rapport au mois d’août et de 15,6 % par rapport à septembre 2024. Il s’agit de la première progression annuelle positive enregistrée pour ces instruments financiers depuis le mois de mai.

Cette dynamique de septembre intervient après des mois de juin, juillet et août où les résultats annuels étaient moins impressionnants. Ces derniers étaient néanmoins portés par des chiffres exceptionnels en juillet (plus de 8,2 milliards PLN) et en août (près de 11 milliards PLN de chiffre d’affaires). Toutefois, les ventes de bons du Trésor à l’automne 2024 avaient été nettement moins élevées, ce qui place la barre plus bas pour les comparaisons annuelles à venir.
Les obligations face à la baisse des taux d’intérêt
Depuis mai, le Conseil de politique monétaire procède à des baisses d’intérêts régulières. Après une période de pause prolongée, ce cycle d’assouplissement monétaire a conduit à une réduction des taux directeurs de la Banque nationale de Pologne (BNP) de 125 points de base sur les cinq derniers mois. Le président de la BNP, Adam Glapiński, a récemment indiqué que le taux de référence pourrait bientôt atteindre 4,00 %, contre 4,50 % actuellement.
Cette politique de baisse des taux se répercute directement sur les rendements proposés par le ministère des Finances. En octobre, le taux d’intérêt de ces titres est généralement inférieur de 25 points de base à celui de septembre. Une nouvelle diminution est attendue en novembre, voire en décembre, si la BNP poursuit sa politique d’assouplissement. Les titres émis par le ministère des Finances deviennent ainsi moins attractifs de mois en mois, bien qu’ils continuent d’offrir des rendements supérieurs à l’inflation.
« Nos obligations sont perçues comme un moyen attractif d’augmenter l’épargne. Les clients choisissent volontiers cette forme de placement sûr de leur capital. Depuis le début de l’année, ils ont acheté des obligations au détail pour une valeur de plus de 58 milliards de PLN, soit 6,5 milliards de PLN en moyenne par mois. »
Jurand Drop, sous-secrétaire d’État au ministère des Finances
Les investisseurs privilégient le taux fixe et les échéances courtes
Le mois de septembre a vu le retour en force des obligations à trois ans offrant un taux d’intérêt fixe sur toute la durée de vie du placement. Ces obligations TOS ont représenté 44 % des ventes de septembre, détrônant ainsi les livrets d’épargne annuels qui dominaient les mois précédents (33 % des ventes en septembre, contre 42,9 % en août). Cumulées, ces deux catégories représentent 77 % des bons du Trésor au détail vendus. En y ajoutant les obligations DOR à deux ans, ce chiffre atteint 81 %.
Cette tendance signifie que les obligations dites « anti-inflationnistes », dont le rendement est lié à l’indice des prix à la consommation (IPC), ne représentent plus qu’un peu moins de 20 % des titres écoulés. Cette évolution s’inscrit dans une tendance observée depuis plus d’un an, depuis que le taux fixe des obligations à trois ans a commencé à dépasser nettement l’inflation.
À titre de comparaison, en 2022 et 2023, les obligations indexées sur l’inflation représentaient plus de la moitié des achats d’obligations au détail. Cela témoigne d’une confiance accrue des investisseurs dans la maîtrise de l’inflation. En septembre, l’inflation de l’IPC s’élevait à 2,9 %, un niveau bas pour les cinq dernières années.

Pour l’offre d’octobre, le taux d’intérêt des obligations TOS à trois ans a été fixé à 5,15 %. Ce taux reste supérieur aux prévisions d’inflation pour 2026, estimée par la Banque nationale de Pologne à 3,1 % en moyenne annuelle, puis à 2,4 % l’année suivante. Dans ce contexte, les obligations à quatre et dix ans pourraient proposer des rendements de 4,6 % à 5,1 %, soit moins que les TOS. L’incertitude quant à l’évolution future de l’inflation demeure cependant un facteur clé.
« Nos clients ont d’abord choisi les obligations TOS à taux fixe à trois ans, qui ont représenté 44 % des ventes totales du mois de septembre. Les obligations à un an à taux d’intérêt variable basé sur le taux de référence de la Banque nationale de Pologne ont également été très populaires, avec une part de 33 % dans les ventes. »
Ministre Jurand Drop