Publié le 23 octobre 2025 13:01:00. La Colombie se dit prête à accorder l’asile politique à María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, tout en réaffirmant sa non-reconnaissance des résultats des récentes élections présidentielles au Venezuela. Bogota souligne la complexité des relations bilatérales et appelle à une résolution démocratique.
- La ministre des Affaires étrangères colombienne, Rosa Villavicencio, a affirmé la volonté de son pays d’accorder l’asile à María Corina Machado si elle en faisait la demande.
- La Colombie ne reconnaît pas les résultats des élections présidentielles vénézuéliennes du 28 juillet 2024, estimant qu’elles n’ont pas respecté les procédures démocratiques.
- Bogota exprime sa préoccupation face à la présence militaire américaine accrue dans les Caraïbes, qu’elle attribue aux ressources pétrolières du Venezuela.
Dans une interview accordée au quotidien espagnol El País, la cheffe de la diplomatie colombienne, Rosa Villavicencio, a précisé la position de son gouvernement concernant la situation au Venezuela. Elle a rappelé que le président Gustavo Petro a une vision claire de la mobilité humaine et du droit d’asile, principe fondamental du droit international humanitaire. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions politiques accrues.
Concernant les élections présidentielles au Venezuela, la ministre a été catégorique : la Colombie ne reconnaît pas les résultats proclamés par le Conseil national électoral, organisation sous l’égide du chavisme. Selon elle, le gouvernement de Nicolas Maduro n’a pas respecté les procédures électorales adéquates. Cependant, elle a souligné la réalité complexe de la zone frontalière, marquée par d’importantes populations binationales et des flux migratores importants dans les deux sens, avec trois millions de Colombiens au Venezuela et près de trois millions de Vénézuéliens en Colombie. Pour le bien-être de ces populations, certaines relations d’État sont maintenues, mais Bogotá insiste sur la nécessité pour le Venezuela de trouver une solution démocratique à sa crise interne.
La ministre a également évoqué la coopération sécuritaire entre la Colombie et le Venezuela, notamment dans les « zones binationales ». Cette coopération vise la lutte contre les groupes criminels internationaux et les gangs opérant à la frontière. Elle a précisé que ces efforts conjoints ont permis la saisie de plusieurs tonnes de drogue, démontrant une dimension pragmatique dans les relations bilatérales malgré les divergences politiques.
Enfin, Rosa Villavicencio a abordé la question du déploiement militaire américain dans la mer des Caraïbes. Elle a attribué cette présence à la richesse pétrolière du Venezuela, soulignant que ce différend est au cœur des tensions actuelles. La Colombie espère que des négociations pourront aboutir à une désescalade. Elle a mentionné des médiations menées par le Qatar, visant à trouver un accord. Bien que la situation interne au Venezuela soit complexe, marquée par une certaine délégitimation du gouvernement, la Colombie plaide pour une transition interne par la voie démocratique, sans ingérence extérieure.