Publié le 2025-10-15 03:13:00. Le ministre colombien de la Justice a fermement rejeté toute tentative d’organisations criminelles de bénéficier de la politique de paix pour échapper à la justice internationale. Cette déclaration survient alors que les représentants du groupe criminel « Tren de Aragua » ont sollicité leur inclusion dans ces processus de dialogue.
Le ministre de la Justice de Colombie, Eduardo Montealegre, a exprimé sa détermination à ne pas permettre que les organisations criminelles « se jouent de la justice internationale en quête d’impunité pour leurs délits ». Cette prise de position fait suite à la demande émanant de figures dirigeantes du « Tren de Aragua », qui souhaitent être intégrées dans la politique de « paix totale » prônée par le président Gustavo Petro.
« Nous n’allons pas permettre, sous prétexte de participer aux processus de paix, que des groupes criminels se jouent de la justice internationale en quête d’impunité pour leurs crimes », a déclaré Montealegre dans une communication vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
Les avocats de Larry Amaury Álvarez Núñez, identifié comme l’un des leaders du « Tren de Aragua » en Colombie, ont récemment interpellé le gouvernement Petro afin d’être inclus dans le programme dit de « paix totale ». Cette initiative gouvernementale vise à mener des négociations de paix simultanément avec divers groupes criminels et gangs.
La requête, adressée au Bureau du Commissaire à la Paix, dirigé par Otty Patiño, suggère que le gouvernement examine la possibilité d’engager des pourparlers exploratoires avec Álvarez Núñez, qui se présenterait comme représentant de cette organisation transnationale.
Proposition de nommer un dirigeant du « Tren de Aragua » comme facilitateur de paix
Il est également proposé une suspension temporaire des décisions d’extradition durant la phase des pourparlers exploratoires. De plus, la pétition demande au gouvernement d’envisager la nomination d’Álvarez Núñez à un poste de facilitateur de paix.
« L’État colombien, à travers le ministère de la Justice et le ministère de la Paix, a mis en œuvre des mesures de diligence rigoureuses pour empêcher que des membres d’organisations criminelles ne bafouent les ordres d’extradition sous couvert de participation aux processus de paix », a insisté Montealegre.
Le chef du ministère de la Justice a rappelé qu’au cours de la mandature de Gustavo Petro, plus de 450 décisions d’extradition liées au trafic de drogue ont été émises et, pour la plupart, déjà exécutées.
« Parmi toutes ces procédures, seulement quatre individus ont bénéficié d’une suspension de leur extradition en raison de leur rôle en tant que facilitateurs de paix », a-t-il précisé.
Le « Tren de Aragua », une organisation criminelle transnationale, trouve son origine dans les prisons vénézuéliennes et s’est étendue à plusieurs pays d’Amérique latine, notamment la Colombie, le Pérou, la Bolivie et le Chili. Les autorités de ces nations lui attribuent la responsabilité de nombreux crimes, incluant le trafic de stupéfiants, l’extorsion, les enlèvements et les homicides.